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samedi 11 mai 2013

MON BUREAU...CAMBRIOLE ?!

Comme tout le monde je veux profiter de ce long weekend pour assouvir ma passion mais il faut redoubler de motivation tant le temps maussade est décourageant. Mais si je n'y vais pas je prends le risque de rater la bonne fenêtre où la pêche peut être payante alors je ne m'avoue pas vaincu et brave les conditions pour le moins médiocres. 


D'un autre côté dès qu'il y a une amélioration ça s'active très vite, on a l'impression que les truites elles-même ne savent plus vraiment à quel saint se vouer. Enfin les premières Ephemera Danica émergent, ça m'arrange bien étant donné que j'ai une noyée grise à corps jaune installée sur ma bobine à ligne; ça m'évite la perte de temps du changement de modèle de mouche.

 

Je prends cette très belle truite en faisant passer ma mouche derrière le caillou dont le sommet dépasse de l'eau, un poste tellement évident que ça aurait une sacrée farce qu'il n'y ait pas une truite derrière! C'est ma plus grosse fario sauvage prise en Tenkara pour l'instant,  je suis très content de cette truite, elle retrouve rapidement la rivière après quelques photos.


Après avoir regardé cette truite repartir vers son domicile, je change de secteur. J'ai pêché la ligne droite en aval il y a peu de temps et à mon avis les truites ont encore en mémoire une description ultra détaillée d'une bestiole qui pique!


Je m'arrête à un spot que j'aime bien, l'endroit est beau et j'y ai toujours pris des truites certes pas énormes mais très belles et qui savent se faire désirer. Et évidemment sauvages. J'observe un peu ce qui se passe et je trouve bizarre qu'il n'y ait pas le moindre gobage alors qu'il y a pas mal d'insectes qui émergent. D'habitude les truites s'activent facilement si elles se sentent en sécurité.
Je lance sur le plus proche poste à truite à ma portée et ma mouche n'a pas le temps de descendre le courant d'un mètre qu'elle est prise! La combat est intense, violent même mais très court; la truite est déjà hors d'état de combattre! En même pas une minute! Je la sors de l'épuisette et comprends aussitôt pourquoi elle a mis le paquet comme on dit dès le début. C'est une truite d'élevage, ces nageoires abîmées ne laissent aucun doute. Je la relâche évidemment, elle a fait le maximum mais elle n'est clairement pas à la hauteur d'une fario sauvage en terme d'endurance. Je comprends pourquoi les truites sauvages restent en veille en pleine éclosion multiple, l'arrivée d'intruses dans le secteur doit sérieusement les perturber. Je continue à pêcher ce coin quand même, le temps est plus qu'instable et je ne suis pas équipé pour affronter la pluie et elle ne va pas tarder à tomber.



Je n'ai jamais réellement compté mes poissons par sortie ou par saison, je trouve cette manie complètement ridicule et détestable. Les poissons et les rivières ne nous appartiennent pas alors pourquoi en faire l'inventaire consigné dans des petits carnets comme de vulgaires épiciers? La pêche à la mouche n'est pas un sport soumis à une obligation de résultat. Je ne sais pas exactement combien j'ai pris de ces demoiselles aujourd'hui mais si je vous livrai seulement une estimation, vous ne me croiriez peut-être pas! C'est la première fois que je trouve des truites de bassine dans ce secteur et elles sont plus que coopératives! Les farios, les sauvages, doivent bien rigoler en ce moment!








Elles ont quand même eu d'une certaine façon de la chance de tomber sur moi car avec d'autres, l'écrasante majorité, elles seraient en ce moment éventrées dans un congélateur. Eh oui mes jolies, il y a encore beaucoup trop de "pêcheurs" qui ont un estomac à la place du cerveau!


Le temps se dégrade vraiment cette fois, le vent se lève et j'entends les premières gouttes de pluie s'abattre sur la visière de ma casquette, il est temps de se rentrer. Je quitte cet endroit déçu mais si je n'en tirais qu'une seule et unique satisfaction ce serait d'avoir donné à toutes ces truites une bonne leçon de méfiance!