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jeudi 11 juin 2015

Découverte de la Drobie

A la veille du Tenkara Fest j'avais prévu avec mon ami Edouard de découvrir la Drobie, un affluent de la Beaume qui prend sa source sur la commune de Montselgues au sud-ouest du Parc national des Monts d'Ardèche.
Après s'être retrouvés au bourg de Joyeuse histoire de se ravitailler en produits frais Edouard et moi prenions la route qui serpente jusqu'à Sainte Melany où passe la Drobie et qu'Edouard connaît un peu sur ce secteur pour l'avoir déjà pêché.


Il était huit heures trente et la température était déjà élevée quand nous nous préparions à entrer en action. Je ne connaissais évidemment pas cette rivière et je dois dire que la beauté de ce paysage me saisit vraiment mais je n'en oubliai pas pour autant qu'avec cette chaleur la pêche serait sûrement très difficile.



En descendant vers la rivière je recherchai déjà les postes potentiels où j'aurai peut-être une chance de trouver une truite. J'en pris une en moins de cinq minutes dans un petit couloir en grande partie ombragé. Elle était petite mais j'étais content d'avoir la première truite méditerranéenne que j'ai jamais prise dans mon tamo! 


Edouard pêchait quelques mètres plus haut et avait déjà pris plusieurs sofies qui étaient très actives, fonçant sur tout ce qui atterrissait sur la surface de l'eau. Ces cyprinidés profitaient de l'inactivité des truites pour se goinfrer exactement comme le font les chevesnes qui pullulent sur certaines rivières à truite de Normandie et en prendre aussi facilement est rarement le bon signal pour une sortie de pêche à la truite. Mais l'objectif de cette journée était avant tout de faire connaissance avec Edouard que je ne connaissais jusqu'alors qu'à travers nos échanges sur le net. Nous n'étions pas là pour un concours mais pour passer une journée à la pêche sans prise de tête. 
Nous pêchions en remontant le courant, exploitant tous les postes à la portée de nos cannes mais il nous fallut constater que les truites refusaient nos imitations, aussi bien la sèche d'Edouard que ma noyée. Beaucoup sortirent de leur cachette au passage de notre mouche mais la seule qui prit ma noyée quand elle passa près d'elle la recracha si vite que je n'eus pas le temps d'amorcer un ferrage. Midi approchait, la température avait encore monté d'un cran. 


Ayant décidé de rejoindre nos voitures pour aller manger nous redescendions en pêchant et attrapant de nombreuses sofies. Certains de ces poissons atteignent des tailles très respectables comme nous l'avons constaté dans certains gours profonds où ces gros specimens vivent au calme loin des bancs de menu fretin qui se jettent sur tout ce qui ressemble à un insecte. 


Nous profitions d'une longue pause déjeuner à l'ombre discutant de pêche en général et de tenkara en particulier et il me semble que nous avons des points de vue et analyses similaires, ou très proches, sur de nombreux aspects de cette technique de pêche.
Requinqués par le casse-croûte pris à l'abri du soleil nous décidions d'aller pêcher un plus bas dans la vallée mais sans avoir beaucoup d'espoir de voir des truites par une chaleur pareil. En effet à quinze heures il faisait 35°!
Je décidai de garder au bout de ma ligne ma noyée qui m'avait fait prendre la truite du matin et je prospectai les courants mais aucune truite ne se fit prendre. Les sofies furent très nombreuses à regarder la rivière d'en haut cet après-midi là. 


Ces poissons sont particulièrement sensibles à la qualité des dérives et nous le constaterons vers 17 heures quand le vent s'engoufrera dans la vallée et fera que nous perdrons le contrôle de nos lignes ce qui est indispensable pour pêcher efficacement au tenkara.


Accablés par la chaleur et constatant que le rythme auquel les sofies viennent se pendre sous nos cannes est en nette diminution nous décidons de mettre un terme à cette sortie de pêche. Nous ne sommes pas déçus car nous savions dès le matin que ce serait difficile à cause de la chaleur et le but de cette journée était un prétexte pour aller à la pêche ensemble à la veille du Tenkara Fest.


Après avoir remonté la rivière jusqu'à nos voitures nous prenions la sage décision d'aller finir l'après-midi à la terrasse d'un bistrot du coin. J'ai passé au final une bonne journée de tenkara avec un ami passionné qui comme moi va à la pêche pour se faire plaisir. C'était pour moi une journée de découverte de cette rivière dont j'ignorais même l'existence quelques jours auparavant et je remercie Edouard de m'en avoir fait découvrir quelques coins qui sont un régal pour les yeux.