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lundi 2 mars 2015

Discovering Tenkara Vol. 2: Japanese Kebari. Patterns & Principles

Il y a un an, à quelques jours près, Paul Gaskell et John Pearson sortait le premier DVD Européen consacré au Tenkara et j'ai reçu il y a quelques jours le nouvel opus intitulé "Japanese Kebari. Patterns & Principles". 

Ce documentaire de 87 minutes, composé de douze scènes, est entièrement consacré, comme son titre l'indique, aux mouches Japonaises et leurs principes. 

Comme vous le savez peut-être John et Paul ne sont pas simplement des amateurs et guides de Tenkara, ce sont aussi des scientifiques et le ton est donné dès l'introduction du DVD avec un document sur la vision des truites qui démontre que celle-ci est bien différente des clichés qu'on trouve dans les magazines ou dans l'imagination fertile de quelques "chapeaux à plumes". 
On retrouve d'ailleurs immédiatement après cette introduction le Dr. Ishigaki qui nous explique pourquoi ses kebaris sont aussi simples. Le Dr. Ishigaki est lui aussi un scientifique, il examine donc les faits rationnellement. Comme toujours son explication est limpide et amusante. 


On retrouve sur ce DVD des séquences de John et Paul consacrées au montage de leur kebari favorite dans deux variantes chacune. Je pense que dans la scène de fly tying de John c'est la première fois que le montage d'une kebari à bas de ligne fixé sur l'hameçon est filmé. C'est évidemment intéressant mais je ne suis pas sûr que des pêcheurs contemporains comprennent l'intérêt de ce type de montage. 
La scène de Paul est consacrée à la Takayama sakasa kebari qui reste un des modèles emblématiques de notre technique de pêche et donc il monte deux exemplaires avec de bonnes explications sur le montage traditionnel. Cette scène montre d'ailleurs bien à quel point les variantes peuvent être nombreuses. 


Il y aussi une interview de Go Ishii sur sa pêche ainsi qu'une vidéo sur le montage de sa kebari favorite. Là aussi la simplicité du montage est le résultat d'observations sur le comportement alimentaire des poissons et pas forcément sur un choix esthétique de pêcheur. 

On retrouve avec plaisir Masami Sakakibara pour une séquence de montage de sa fameuse "Yellow sakasa kebari". Cette vidéo est certes courte et Masami-san ne parle pas mais un prochain documentaire réalisé par John et Paul lui sera entièrement consacré. Il y a par contre dans la présentation qui y est faite de Masami-san une phrase qui je pense résume à elle seule l'histoire du retour du tenkara: "Il n'y pas de place pour la tradition en tant que telle". On est très loin des élucubrations de certain, dont l'horizon culturel ne porte pas plus loin que le bulletin d'abonnement de leur magazine préféré, pour qui "le tenkara est une technique de pêche qui a refusé d'évoluer". Mais ne perdons pas de temps avec ces héros du ridicule et revenons à notre sujet. 

Une séquence est l'occasion de faire la connaissance d'un pêcheur très expérimenté mais inconnu en Occident, Makino-san alias Himano qui se prête au jeu de l'interview avec une décontraction non feinte et qui, à mon avis, est riche d'enseignements pour ceux qui sauront écouter. Il monte aussi sa kebari favorite, elle est simple et sûrement très efficace car Makino-san prend avec de très gros poissons. 
Grâce au Dr Ishigaki John et Paul ont fait la rencontre de Hirata-san qui se livre à un montage d'une kebari avec pour seul outil une paire de ciseaux. La réalisation n'en est pas moins très propre et n'affecte évidemment en rien la solidité du montage. Je vous laisse découvrir par vous-mêmes ce que Hirata-san utilise en guise de colle...

Je ne vous en dis pas plus sur le contenu de cet excellent DVD qui, comme le précédent d'ailleurs, est tout simplement indispensable à ceux qui s'intéressent vraiment au tenkara. Ce documentaire est incroyablement bien fait et je pense qu'il n'y aucun temps mort dans le flot d'informations provenantes de pêcheurs très expérimentés. Ce qui me plaît évidemment aussi est ce que film est aux antipodes de ce qui se fait aujourd'hui dans le monde de pêche à la mouche. 

Je vais conclure cette chronique de la même façon que je l'avais fait pour le précédent opus: vivement le Vol. 3!