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dimanche 8 septembre 2013

RETOUR SUR LA BERENCE

Le coup du matin d'hier qui s'est soldé par une bredouille ne m'a finalement pas fait si mauvaise impression; c'est la fin de la saison et les conditions de pêche se sont sérieusement dégradées au cours des dernières semaines et cette sortie a été l'occasion, pas si fréquente, de rencontrer un vrai passionné de pêche à la mouche.
Mais je n'avais pas envie de passer ce dimanche matin à la maison; je décidai donc de retourner au ruisseau que j'avais pêché à l'ouverture, sûrement le seul endroit dans la vallée un tant soi peu abrité du vent de Nord Ouest qui domine largement depuis plusieurs jours.


J'arrive à neuf heures sur les abords d'un ruisseau quasiment à sec! Je ne m'attendais pas une pêche facile mais je me rends très vite compte  que ça va être extrêmement difficile. Il reste moins de vingt centimètres d'eau et elle est translucide comme rarement! Je peux littéralement compter les graviers sans me baisser!
Au cours des trois heures que j'ai passé sur la Bérence ce matin je n'ai repéré que trois truites; j'ai tenté ma chance sur chacune d'entre elles.


La première était sans doute la plus grosse mais surtout celle qui avait la meilleure vue; à peine dans mon champ de vision elle s'est réfugiée dans les racines d'un aulne. Au printemps elle ne m'aurait pas vu à cause de la teinte du ruisseau en crue mais nous sommes à la fin de l'été. Les règles du jeu ont changé.
La deuxième était moins prudente mais si elle a pris ma mouche au premier passage sans se faire prier elle s'est libérée très vite. Pas grosse, à peine maillée mais très nerveuse. 
Après ce décroché je fais une pause comme je le fais maintenant à chaque fois pour me reconcentrer. Je suis convaincu que pour réussir dans cette technique de pêche, surtout dans des conditions pareilles, il faut être parfaitement concentré et ne pas se laisser distraire par quoique ce soit.  Après un bon quart d'heure, je reprends ma progression et repère la troisième et seule truite capturée ce matin; elle est tranquillement installée derrière deux cailloux où l'eau forme un petit triangle parfaitement oxygénée. Un lancer arbalète légèrement en amont des deux cailloux envoie ma kebari pile en face de la truite. Elle la prend et se fait ferrer sans coup férir.


Ce n'est certes pas une truite comme on en voit dans les magazines mais c'est une truite réelle issue d'un ruisseau pauvre en nourriture où elles n'ont pas grande chance d'atteindre de grandes tailles. En tout cas j'ai mis toute ma patience et mon savoir faire pour la prendre et ça m'apporte bien plus de satisfactions que d'être un pêcheur frustré qui vient de se rendre compte que ses rivières ne peuvent pas produire de truites de plusieurs kilos.
J'ai finalement passé une excellente matinée et j'espère qu'il en est de même pour vous!