Le weekend dernier n'ayant pas pu être consacré à la pêche en raison d'un évènement météorologique assez violent j'ai consacré un peu de temps à d'autres activités liés à notre passion; j'ai commencé une lecture sur laquelle je reviendrai plus tard et j'ai enfin réalisé une vidéo de montage sur une de mes kebari préférées: la zenmai-dou.
J'avais publié sur ce blog en Juillet 2014 une fiche de montage détaillée et des lecteurs m'avaient demandé si un jour je ferai une vidéo de ce montage...C'est maintenant chose faite!
J'espère que cette vidéo "faite maison" vous plaira et vous donnera surtout envie d'essayer cette kebari à la pêche car il est souvent bon, et même vivement conseillé, de sortir des sentiers battus.
Ca a toujours été un plaisir pour moi de promouvoir ces montages traditionnels qui sont le fruit d'une longue évolution dans la perspective de rester simple donc efficace.
Les niveaux sont en baisse sur les rivières où je pêche habituellement, il ne reste plus qu'à faire preuve d'un peu de patience et bientôt nous entrerons de plein pied dans la saison.
Le printemps semble commencer vraiment en douceur, l'ensoleillement est là mais avec l'énorme brassage des fonds depuis plusieurs semaines il est inutile d'espérer trouver des truites tenaillées par la faim, condition sine qua non pour que la pêche soit "efficace".
Donc pendant ce temps là je me constitue un stock de kebari qui puisse couvrir toute la saison car dès que les conditions vont être réunies je compte bien en profiter au maximum.
J'ai recréé l'année dernière en préparant mon voyage au Japon une ancienne mouche noyée sans nom que les pêcheurs qui m'ont fait découvrir la pêche à la mouche utilisaient avec succès et qu'eux-mêmes tenaient de ceux qui les avaient initié. Je l'avais toujours vu montée avec une collerette en plume de poule mais à quelques jours de mon départ n'ayant plus le temps de me ravitailler en matériaux de montage je changeai la plume de poule par une plume de saddle de coq.
Si les hameçons de prédilection des mes pairs pour le montage des mouches à truite étaient les hameçons Tortue je les remplaçai par ce que j'avais sous la main c'est à dire des Tiemco 3769SP-BL en taille 12.
J'ai essayé, et je pense y être parvenu, a réinterpréter cette mouche noyée d'antan et à en faire une version moderne. Je n'utilise pas à dessin le terme "inventer" car je pense qu'en matière de montage de mouches les inventions sont rarissimes et je n'ai pas la prétention de me comparer à Skues.
Montée sur un hameçon considéré comme étant pour les mouches noyées et les nymphes cette version très légère n'entre pas vraiment dans des catégories aussi restreintes car si on pratique le tenkara tel qu'il a toujours été pratiqué au Japon on peut aisément contrôler la plongée de cette kebari.
Cette kebari qui jusqu'alors n'avait pas de nom est maintenant appelée "Yamato kebari" car lors de mon séjour au Japon c'est avec elle nouée à mon bas de ligne que je capturais plusieurs specimen de cette variété d'ombles.
A bien des égards des yamato iwana m'ont rappelé les truites fario des petites rivières que je pêche, elles ne sont pas très mobiles, préférant attendre que ce soit le courant qui leur amène la nourriture. Elles sont très discrètes et difficilement repérables à vue. Heureusement j'ai eu la chance lors de mes pêches dans les montagnes nippones de bénéficier des conseils de certains des meilleurs connaisseurs de ces poissons magnifiques.
Celle-ci prise grâce aux conseils de Masami Sakakibara est un excellent souvenir car cette yamato iwana a été prise très courte distance et sur un poste minuscule.
J'en prendrai également une très belle sur la Sho-gawa avec le concours de mon ami Kazumi Saigo.
Si vous avez envie d'essayer cette kebari sur votre rivière préférée, peut-être que cette vidéo de montage réalisée par mes soins vous sera utile.
Au fil des semaines qui précèdent l'ouverture je fais comme nombre de pêcheurs des sorties sur divers cours d'eau de ma région histoire de voir dans quel état l'hiver les a mis. L'hiver qui s'achève a été des plus doux au niveau des températures mais des plus humides. Il a énormément plus dans les dernières semaines avant la date fatidique et c'était donc sans précipitation que je me livrai aux derniers préparatifs de l'ouverture de la pêche de la truite.
La dernière soirée avant l'ouverture fût consacrée au montage de quelques kebari et à la préparation du sac à dos; sachant les niveaux très élevés sur tous les cours d'eau du secteur je préparai quand même deux cannes. L'ouverture pour elles allait se résumer à une balade.
J'arrivai aux abords du ruisseau sur lequel je fais l'ouverture depuis de nombreuses années, il faisait à peine jour et je n'entendais rien d'autre que le ruisseau. Je m'en approchai et me rendis compte que son état était celui que j'avais escompté: l'eau était d'un gris uniforme et opaque. Il n'y avait pas la moindre probabilité de pouvoir prendre une truite ici.
J'allai vers l'amont passant en revue tous les spots où je prends d'habitude les premières truites de la saison et c'était partout le même spectacle: eau grise et courant dantesque. De nombreux étaient inaccessibles tant le terrain est imbibé et détrempé je me serai enfoncé jusqu'au genou après trois pas.
Je poursuivais cette exploration et arrivai vers dix heures près de l'endroit où tous les ans je m'installe pour la collation. Là aussi tout était humide, le feu fît plus de fumée que de flammes mais je n'aurai échangé ma place pour rien au monde!
La brume qui était bien épaisse au petit matin se dissipait et le soleil fît son apparition, il ne réchauffera guère l'atmosphère mais cela anima les bois environnants.
Sachant que je n'allais pas pêcher je pris le temps de manger installé à ma souche préférée avec vue sur le ruisseau puis de reprendre tranquillement le chemin qui me ramènerait vers mes pénates.
Il y a longtemps que j'avais vécu un jour d'ouverture sans pêche mais comme les truites qui nous passionnent nous sommes tributaires des aléas météorologiques donc plutôt que de pester contre la mauvaise fortune mieux vaut essayer de profiter de cette journée symbolique de l'ouverture de la pêche sous une autre perspective. On ne perd jamais mon temps dans un bois, le long d'un ruisseau même si on ne peut pas y pêcher, il y a toujours quelque chose à y observer. Dans quelques jours le printemps sera là, j'aurai alors de bien belles occasions de passer des journées entières au bord d'un ruisseau et d'y leurrer quelques truites. Ce n'est qu'une question de temps.
On a rarement l'occasion de rencontrer les personnes qui nous inspirent ou grâce à qui on se prend de passion pour quelque chose mais j'ai eu le plaisir de passer plusieurs jours avec celui par qui j'ai découvert le tenkara: Masami Sakibara.
Pratiquant le tenkara depuis plus de trente cinq ans maintenant Masami Sakakibara est la parfaite illustration de l'évolution du tenkara pendant cette période tout en restant fidèle au principe de cette pêche: une canne, une ligne, une mouche.
Le tenkara de Masami-san repose sur sa seule technique et l'utilisation d'un nombre réduit de kebari qui ne sont pas sélectionnées sur des critères esthétiques mais dont le design répond à des besoins précis. Je résumerai par cette formule le concept de montage des kebari de Tenkara-no Oni: "Le design répond à une fonction."
La kebari ci-dessus est probablement le modèle le plus connu. Les noms des kebari de Masami-san sont donnés en fonction des matériaux utilisés pour le montage, dans le cas ci-dessus "Oni black pheasant kebari". Ce qui a fait connaître cette kebari parmi les pêcheurs au tenkara occidentaux c'est sa taille car elle est montée sur des hameçons allant jusqu'au 2. Mais cela correspond à la fonction à laquelle Masami-san la destine: le sasoi.
Masami-san utilise pour ce montage du "pellet dubbing" de chez Tiemco, un substitut naturel au dubbing de phoque; une plume de faisan sur un hameçon Gamakatsu S10.
La kebari ci-dessous est l'interprétation de Masami-san d'une mouche de Mai, un insecte de taille imposante, sa taille est réaliste mais le montage impressionniste. C'est je pense une bonne description du style de Tenkara-no Oni en terme de montage.
Le corps réalisé en yarn de polypropylène est bien adapté à des kebari destinées à avoir une flottaison basse. La collerette donne l'illusion de vie à cette kebari.
Mais si la pêche dans des grandes rivières avec des lignes longues est considérée comme la marque de fabrique de Masami Sakakibara il est aussi un excellent pêcheur de petits cours d'eau comme j'ai eu l'occasion de m'en rendre compte lors de mon séjour avec la Team Oni dans les montagnes.
Pour pêcher des ruisseaux de montagne très peu profonds il faut des montages adaptés, de taille modeste en relation avec les insectes qui y sont observables et assez légers pour qu'ils dérivent de façon naturelle. Masami Sakakibara choisit pour ses kebari de petite paille le Tiemco 2499 SP-BLB, sa hampe courte combinée à une ouverture large et une pointe ultra pointue en font un hameçon permettant des ferrages très efficaces.
L'expérience de Masami-san montre qu'il est possible de pêcher de façon efficace n'importe où avec des kebari très simples parce qu'il a su développer sa technique en se basant sur une analyse rationnelle de sa pêche et du comportement des poissons. .
Masami-san a développé au fil des années un système de pêche qui n'est pas seulement simple mais aussi efficace. Je dirais même que le style Oni tenkara est devenu aussi efficace parce que son créateur a su le garder simple à travers les décennies. Ayant eu le plaisir de pêcher avec lui j'ai compris pourquoi on l'avait surnommé "Tenkara-no oni", le démon du Tenkara. Comme il le dit: "Un pêcheur ne doit faire qu'un avec la rivière."
Si vous voulez en savoir plus sur Masami Sakakibara et son tenkara je vous invite à parcourir son excellent blog.
Après un peu plus de deux ans de contact sur le web j'ai eu le plaisir de rencontrer en personne un ami qui est aussi passionné que moi par le tenkara: Kazumi "Ajari" Saigo.
Pendant les heures de route que nous ferons ensemble de Kyoto aux rives de la Shō-gawa nous discutions bien évidemment de pêche et je me rendis que les connaissances et la longue expérience de mon hôte auprès de Masami Sakakibara et Hisao Ishigaki n'avaient en rien entamé sa gentillesse et son plaisir de faire découvrir ses rivières préférées à ses hôtes.
Kazumi Saigo a derrière lui une longue expérience de pêcheur de compétition au plus haut niveau il n'en est pas moins un homme que la simplicité du tenkara a séduit et qui sait habilement mêler les meilleurs conseils aux traits d'humour.
Ajari utilise un nombre très réduit de kebari et celles-ci sont très simples. Comme d'autres pêcheurs Japonais il ne donne pas de nom à ses kebari. Au fil des années il a affiné sa technique et ses montages sont aujourd'hui tous de la même taille c'est à dire du 14 qui est celle donnant les meilleurs résultats sur les rivières où il pêche.
Celle ci-dessus est montée sur un hameçon de taille 14 modèle Tiemco 403 BLJ , appelé communément "hameçon jig" par les monteurs de mouches. L'intérêt de cet hameçon est de donner à la kebari une nage plus naturelle, qui soit plus proche de la nage d'un insecte qui essaie de se diriger vers la surface. Le corps de cette kebari est fait de dubbing "Ice Dub" de la marque Hareline qui est un excellent produit synthétique qui ne se gorge pas d'eau et qui est très solide. Ajari utilise aussi le "Ice Dub" en noir, un substitut intéressant aux herls de paon.
L'intérêt de ce dubbing synthétique n'est évidemment pas d'être plus attractif aux yeux des poissons, et surtout des salmonidés car comme des études scientifiques le démontrent leurs yeux ne sont sensibles aux UV que dans les premières semaines de leur vie, mais d'être plus solide que les herls de paon naturels.
Ce second modèle est lui monté sur un hameçon Tiemco 2487 BL de taille 14. Son corps fait de herls de paon naturels et sa collerette de coq noir en font un modèle extrêmement polyvalent pouvant suggérer aux poissons des centaines d'espèces d'insectes dont se composent leur nourriture.
Ayant eu la possibilité d'observer Ajari à la pêche il maîtrise très bien la dérive de sa kebari car c'est finalement le paramètre décisif: les poissons ne font pas la différence entre un véritable insecte et une kebari si celle-ci dérive à la bonne vitesse. Plutôt que de multiplier les modèles de kebari, Ajari a adapté sa technique au comportement des poissons.
Il ne fait aucun doute que dans l'avenir cet excellent et sympathique pêcheur fasse beaucoup parler de lui. Un pêcheur qui a développé une technique très efficace en restant fidèle au principe de simplicité du tenkara et dont la passion est aussi communicative ne peut que devenir un ambassadeur respecté du tenkara.
A mon arrivée dans la préfecture de Gifu je me rendis avec mes hôtes dans une petite boutique de matériel de pêche située à quelques pas de la rivière Itoshiro tenue par Hirata-san. Située à quelques pas de la rivière cette petite boutique est la bonne adresse où passer dans la région pour être informé des conditions de pêche dans le secteur et acheter ce dont vous avez besoin.
A bien des égards la boutique de Hirata-san me rappela celles qui existaient chez moi il y a encore une quinzaine d'années et qui étaient tenues par de vrais passionnés de pêche et où nous allions autant pour acheter notre matériel que pour le simple plaisir de discuter.
Si la boutique de Hirata-san est de taille modeste elle n'en regorge pas moins de tout ce qu'il faut pour pratiquer l'ayu, le esa zuri et le tenkara. Le matériel le plus récent y côtoie de magnifiques tamos fabriqués par le maître des lieux et des cannes en bambou.
Je profitai d'ailleurs des conseils de Hirata-san pour faire provision de flurocarbone puis je m'intéressai au contenu de deux boîtes en bois posées sur le comptoir de la boutique. L'une d'elles contenaient les fameuses "mamushi kebari".
Cette kebari qui mérite vraiment d'être qualifiée d'unique en son genre est montée par Hirata-san avec pour matériau la peau du gloydius blomhoffii, une vipère très venimeuse plus connue au Japon sous le nom de mamushi. Ayant fait plusieurs rencontres dans les montagnes aux alentours de Tadami je peux vous certifier que le comportement de ce serpent est typiquement celui d'une vipère: elle ne s'enfuit pas à votre approche, bien au contraire.
Hirata-san utilise la peau de ce serpent venimeux pour en faire le corps de ses kebari. Aux personnes qui lui disent que ces kebari sont trop chères, mille yens soit sept euros quatre vingt cinq, il répond avec le sourire: "Je risque ma vie pour monter ces kebari!"
Hirata-san monte ses kebari avec pour seul outil une paire de ciseaux et le résultat n'en est pas moins très réussi, preuve d'une longue expérience du montage sans outil.
Mais les kebari de Hirata-san ne sont pas seulement belles, elles sont également très solides car il utilise du vernis à ongle en guise de colle. Hirata-san utilise des hameçons Owner Kuwahara Tenkara.
La seconde boîte posée sur le comptoir de la boutique contenait les autres kebari montées par Hirata-san. Il les monte bien sûr également sans outil sur des les mêmes hameçons mais avec du fil à broder en guise de corps. Lors de ma visite elles avaient toutes un corps beige mais se différenciaient par les couleurs de leurs collerettes qui allaient du grizzly au noir en passant par le furnace brown.
Hirata-san finit également ces kebari par une fine couche de vernis sur tout le corps pour les solidifier. Comme il le précise un corps vernis ne change pas d'aspect une fois la kebari immergée. Comme nombre de pêcheurs d'expérience que j'ai rencontré au Japon Hirata-san a observé depuis longtemps qu'en définitive ce n'est pas la kebari qui prend les poissons mais le pêcheur qui sait l'utiliser à bon escient.
Lors de mon séjour au Japon j'ai eu la chance grâce à l'entremise de mon ami Kazumi Saigo de rencontrer le Dr Hisao Ishigaki avec qui je pêchai un après-midi sur la mythique Itosihro. Ce fût bien sûr une très bonne expérience et une joie de rencontrer un des plus notables ambassadeurs du tenkara.
Ishigaki-sensei et moi-même échangeâmes quelques unes de nos kebari après la pêche.
Nous connaissons tous la Ishigaki sakasa kebari et la plupart d'entre nous ont monté cette mouche à leurs débuts mais les originales montées par Ishigaki sensei sont bien différentes des versions occidentales qui pêchent par un goût excessif du détail.
La technique du Dr Hisao Ishigaki est basée sur une observation rationnelle du comportement des salmonidés, et en particulier leur sens de la vision.
Si les détails dans le montage peuvent avoir une importance pour le pêcheur ils n'en ont aucun pour les poissons qui, du fait du cristallin quasi-sphérique et rigide de leurs yeux, sont myopes.
Cette kebari est très adaptée à la pratique du pêcheur qui ne change pas de mouche en cours de pêche. Composée de fil de montage et d'une plume de coq un pêcheur au tenkara qui considère la technique plus importante que le choix d'un modèle particulier l'utilisera aussi bien en sèche, en émergente ou en noyée.
Quand Ishigaki sensei ouvrit sa boîte pour me donner quelques unes de ses kebari il prit deux autres modèles qui eux non plus n'ont pas de nom.
Ces deux kebari sont elles aussi montées sur des hameçons Varivas sans ardillon, elles sont d'une grande simplicité et d'une efficacité sans faille. Les mouvements de leur collerette sur et sous la surface de l'eau n'y est d'ailleurs sûrement pas étranger.
Ishigaki sensei a développé une technique de pêche en noyée vers l'aval appelée "Tomezuri". Cette technique est très efficace et permet de pêcher en noyée vers l'aval sur de faibles distances. J'ai été initié par Ishigaki sensei en personne et ses kebari aux hackles longs et souples font des merveilles. Et pas seulement sur les rivières de montagne du Japon mais partout.
Comme les maîtres du tenkara Ishigaki sensei a démontré au cours de son parcours qu'en restant fidèle au principe de simplicité du tenkara on développait une palette de techniques efficaces qui reposent sur l'observation rationnelle des poissons.
John et Paul de Discover Tenkara ont réalisé une excellente vidéo à propos de Ishigaki sensei que vous pouvez regarder en cliquant ici.
Si vous souhaitez en savoir plus sur Ishigaki sensei et son tenkara je vous invite à lire l'excellente interview qu'avait fait Adam sur le forum Tenkara Fisher.
Il fût une des premières personnes à utiliser le tenkara comme une technique de pêche sportive et non plus une pêche commerciale et il a joué un rôle central par le travail fourni dans la conception de cannes et de lignes. Au cour de l'après-midi que j'ai passé dans son atelier nous avions à tour de rôle monté des kebari que nous avions échangé avant de nous quitter.
Fuji-sensei monte encore aujourd'hui lui-même toutes les kebari vendues par la firme NISSIN, sa très longue expérience du montage est perceptible à la rapidité avec laquelle il monte des kebari belles, simples et dont l'efficacité en pêche ne fait plus aucun doute nulle part depuis longtemps. Son étau fixé sur son bureau dans une position très basse dénote une économie de gestes et si la table est entièrement recouverte de matériel et de matériaux Fuji-sensei sait parfaitement où se trouve chaque objet.
Les kebari que Fuji-sensei monta ce jour là sont faites sur des hameçons Maruto de taille 号7 et 号6.
Ce premier modèle est inspiré des modèles de kebari très anciens utilisés par les derniers pêcheurs professionnels dont Fuji-sensei s'est inspiré pour faire du tenkara une pêche sportive.
Ces kebari ne sont ni des "mouches sèches" ni des "mouches noyées" car comme le dit Fuji-sensei lui-même: "C'est le pêcheur qui adapte son utilisation de ses kebari à la situation."
La technique de Hiromichi Fuji est basée sur l'héritage des pêcheurs professionnels et sur son observation des poissons.
Les kebari de Fuji-sensei sont montées de la façon la plus adaptée à cette technique qui exige une très grande délicatesse de présentation. L'économie de matériaux n'est pas qu'une question d'esthétique.
Aujourd'hui encore Fuji-sensei est actif dans la communauté tenkara au Japon par le biais du Kyoto Kitayama Tenkarakai, en participant à de nombreuses manifestations sur le thème du tenkara et en collaborant à la conception de cannes et de lignes pour Nissin.