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samedi 15 août 2015

Deux jours avec un ambassadeur du no-tarin club

Après avoir quitté Kyoto je me rendais à Sannomiya où je devais rencontrer un membre du plus ancien club de tenkara: Kiyoshi Ishihara, membre du no-tarin tenkara club.
Nous nous retrouvions comme prévu à la gare et après un rapide repas dans un restaurant du quartier nous prenions la route pour aller à la pêche dans la préfecture de Tottori. Nous avions un peu plus de trois heures de route à faire, assez de temps pour faire connaissance car pour l'instant on ne se connaissait que virtuellement et parler de notre passion. Il faisait très chaud, le ciel était bleu azur et nous étions évidemment d'humeur joviale.
La conversation fût très riche et des plus intéressante car Yu Gyojin, le pseudonyme de pêche de Kiyoshi, s'intéresse depuis très longtemps à l'histoire du tenkara, à sa technique qu'il a apprise d'abord en étudiant tout ce qui était publié sur le sujet et il a développé une vraie philosophie en adéquation avec son tenkara. 
A mesure que nous roulions le ciel s'assombrissait mais cela n'entamait en rien notre enthousiasme, nous étions non seulement heureux d'aller à la pêche ensemble mais en discutant nous nous rendions que nous partagions de nombreux points de vue.



Avant d'arriver à destination nous ferons un léger détour par un très beau et très ancien temple construit dans une grotte, un endroit des plus atypiques. La météo quant à elle continuait à se dégrader et les derniers kilomètres faits avant d'arriver sur les berges de l'Hiketa-sawa les premières gouttes de pluie commençaient à tomber. 


Je laissai Ishihara-san pêcher le premier car je pense que ce n'est jamais inutile de regarder un pêcheur plus expérimenté que soi. On en apprend beaucoup quand on sait regarder. 


Il ne lui fallut pas longtemps pour prendre un premier poisson. Nous étions évidemment contents de constater que la météo capricieuse ne perturbait pas trop les poissons. Nous pêchions à tour de rôle car la rivière n'est pas bien large et très souvent surplombée par des branches et nous avancions ainsi en remontant le courant lentement pour bien exploiter tous les postes susceptibles d'abriter des yamame.


Nous arriverons ensuite au point où avec l'altitude le courant augmente, où l'eau est plus froide et les yamame laissent place aux iwana.


L'iwana se pêche différemment du yamame et de l'amago ce qui n'implique évidemment pas de changer quoi que ce soit au niveau du matériel ni même de kebari, c'est la technique mise en oeuvre par le pêcheur qui s'adapte. Ce que j'avais appris quelques jours auparavant à Tadami me fût particulièrement utile. 



Au fil des heures nous passions de plus en plus de longues minutes à l'abri des feuillages pendant les averses et nos captures d'iwana étaient aussi moins régulières. La tension dans l'air était palpable, le ciel était en train de virer du gris clair au gris foncé alors quand sonna la premier coup de tonnerre nous décidions de replier nos cannes et de rejoindre la voiture. Revenu à notre point de départ sous une pluie battante Ishiara-san me dit: "On a bien joué." J'étais entièrement de cet avis, le jeu en valait la chandelle. Après nous être changés le plus vite possible nous reprenions la voiture pour nous rendre au ryokan où Ishihara-san a ses habitudes dans la région en faisant le bilan de cette sortie des plus orageuses mais durant laquelle nous avions très bien pêché. 
Au ryokan où nous fûmes accueillis chaleureusement par la maîtresse de maison, nous passerons une excellente soirée qui fût consacrée entièrement à un seul sujet: le tenkara. Ishihara-san a une excellente et très riche culture halieutique et il n'est pas avare de ce qu'il sait et je dois dire que j'ai vraiment apprécié cohabiter avec lui. 
Au ryokan où nous fûmes accueillis chaleureusement par la maîtresse de maison, nous passerons une excellente soirée qui fût consacrée entièrement à un seul sujet. Ishihara-san a une excellente et très riche culture halieutique et il n'est pas avare de ce qu'il sait et je dois dire que j'ai vraiment apprécié cohabiter avec lui. 


Nous nous laisserons tombés dans les bras de Morphée sans opposer la moindre résistance...Peut-être dans l'espoir de rencontrer dans notre sommeil le tsuchinoko. 
Le lendemain nous nous lèverons à l'aube mais prendrons le temps d'un petit déjeuner délicieux car il pleuvait déjà. Nous établissions notre plan pour la journée: pêcher deux courts affluents  de la Hatto-gawa car Ishihara-san craignait que les pluies de la veille et encore plus celles de ce matin aient mis les principales rivières de la région dans un sale état. Nous avions au moins un plan "A" et un plan "B". Ce fût donc sans surprise une journée de pêche où les captures furent moins nombreuses que la veille mais c'est toujours un exercice devant lequel un véritable amateur de tenkara ne se dérobe pas de composer avec des conditions difficiles. C'est même le meilleur moyen d'améliorer sa technique.



Après avoir exploré la Hosomi-sawa et la Kurumino-sawa et avoir pris quelques très belles iwana nous prenions la décision de rebrousser chemin. Nous reprenions le route en début d'après-midi sous une pluie battante pour aller à Kobe où nous étions attendus, chemin faisant nous discuterons de nombreux sujets ayant trait au tenkara, à la musique, etc. J'ai beaucoup de sympathie pour Ishihara-san qui n'est pas seulement un grand pêcheur mais quelqu'un de très cultivé et d'une gentillesse rare. Au bout d'un peu plus de quatre heures de route nous arrivions à destination où je rencontrai pour la première fois Eiji Yamakawa et Nishi-san, un de ses amis.


Nous passerons une excellente soirée autour d'une table à discuter de la passion qui nous avait réuni.
C'est vraiment un privilège de rencontrer de sincères passionnés de tenkara, qui ont acquis au cours d'une longue expérience énormément de connaissances sur le sujet et qui sont, même si ils n'aiment pas ce titre, des maîtres qui prennent un plaisir sincère à partager leur tenkara.