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samedi 5 décembre 2015

Japan Kebari: Yuzo Sebata

Lors de mon voyage au Japon j'ai, comme le veut la tradition, échanger des kebari avec des pêcheurs que j'ai rencontré. La première étape de mon périple m'a donné l'opportunité de rencontrer Yuzo Sebata qui m'a fait cadeau de kebari qu'il a monté pour me les offrir.


Sebata-san monte ses kebari sans étau et avec pour seul outil une paire de ciseau. Il utilise des hameçons Gamakatsu Kantsuki Yamame en taille 号8 ou 9.
Nous avons tous vu sur internet des kebari inspirées de celles-ci mais il est rare de voir des reproductions réalisées avec les mêmes matériaux utilisés par Sebata-san notamment le modèle au centre de la photo dont le corps est fait de ruban autofusant habituellement utilisé par les électriciens. La zenmai-dou de Sebata-san est quant à elle montée comme une sakasa kebari mais le noeud final est réalisé derrière la collerette après que le fil de montage ait été enroulé à spires larges autour de la hampe de l'hameçon afin de solidifier le montage.


Sebata-san utilise aussi bien des plumes de cou de coq, de poule ou de flanc de perdrix pour ses montages...en fonction de ce qu'il a disponible quand il a besoin de monter des kebari.


Les kebari de Sebata-san sont simples parce qu'elles sont le fruit d'une longue évolution et en adéquation avec une technique. Ceux qui sont considérés au Japon, et ailleurs par les passionnés sincères, comme des maîtres du tenkara sont ceux qui ont mis au point des techniques qui leurs sont propres. 


Je ne suis sûrement pas le seul à l'avoir remarqué mais ces excellents pêcheurs dont Sebata-san fait partie depuis cinquante ans maintenant sont tous restés fidèles au principe de base du tenkara: une canne, une ligne, une mouche.




samedi 25 juillet 2015

Genryu tenkara

Si je n'ai rien publié sur ce blog depuis un mois ce n'est pas parce que je suis lassé ou blasé de ce blog, bien au contraire, c'est tout simplement parce que j'étais parti au Japon et que je voulais profiter à fond de chaque jour passé là-bas. Je suis maintenant de retour au pays et le moment est venu de faire, en plusieurs fois, un compte rendu de cette expérience qui à n'en pas douter aura une très grande influence sur mon expérience du tenkara dans l'avenir.

Après avoir passé une journée et demie à Tokyo je rejoignais mon ami Keiichi à la gare de Mito en vue d'un séjour à Tadami. Je connais Keiichi depuis un peu plus de deux ans maintenant mais on ne s'était encore jamais rencontrés mais je n'avais aucun doute sur notre entente dans le monde réel. A notre rencontre on se parla comme des amis de longue date, comme si nous nous étions vus quelques jours auparavant. Aussitôt sortis de la gare nous prenions la voiture de Keiichi en direction de la résidence de Yuzo Sebata. Cette bâtisse était à l'origine un "bansho" c'est à dire un point de contrôle marquant la frontière entre deux régions.


Nous arrivâmes assez tard mais l'accueil fût chaleureux.
En attendant nos amis qui devaient se joindre à notre sortie de pêche de deux jours nous dînions de sansai en discutant du tenkara et de divers sujets en rapport avec cette technique de pêche. Sebata-san m'a appris beaucoup au cours de cette soirée sur l'histoire du tenkara mais aussi sur sa conception de la pêche. Je ne l'en remercierai jamais assez d'avoir partagé ses connaissances et points de vue avec moi.


Nos amis arrivèrent l'un après l'autre tard dans la nuit et après avoir dormi peu nous nous levions sur le coup de cinq heures et demie. C'est la saison des pluies au Japon et si mon premier jour dans le pays, à Tokyo, a été particulièrement arrosé et orageux ce matin là la température était plus douce, de grosses grappes nuageuses collaient aux flancs des montagnes environnantes. Les prévisions météo étaient bonnes et on pouvait donc espérer passer deux bonnes journées en montagne.
Nous quittions le village à bord d'une camionnette qui après trente minutes nous déposa sur un parking à partir duquel nous allions marcher jusqu'à la Kanozugawa. Tsurumi-san, Takano-san et moi-même avons ensuite préparé nos cannes et pêché sans succès sur le dernier kilomètre avant la confluence avec l'affluent que nous avions prévu de pêcher au cours de ce weekend dans le genryu.
Avant notre départ Sebata-san nous avait dit que ce secteur avait terriblement souffert de crues dantesques il y a de cela trois ans et que la population d'iwana était encore loin d'être reconstituée. Je pris mon premier poisson quelques dizaines de mètres avant la confluence avec l' Akakuzure-sawa: une petite iwana.


Il devait être aux alentours de dix heures quand nous arrivions au temba, notre camp de base. Une fois le campement prêt nous prenions notre petit déjeuner. Je me régalai d'onigiri et de spaghetti.



Nous avons ensuite remonté cet affluent en pêchant  observant que les iwana étaient plus grosses à mesure que nous allions vers l'amont. Les iwana ne sont pas des truites mais des ombles. Je demandai à mes compagnons qui sont de fins connaisseurs de ce poisson de m'expliquer comment bien pêcher et je dois dire qu'ils m'ont bien conseillé car en suivant leurs conseils je prendrai au cours de ces deux jours bon nombre de poissons dont certains de belle taille. Mais le meilleur pour moi reste quand même l'aspect relationnel avec mes compagnons car faire une belle pêche en mauvaise compagnie ne m'aurait rien apporté.


Je pêcherai pendant ces deux jours avec une seule kebari: une zenmai-dou.


Nous pêchions à tour de rôle ce qui est un bon moyen de partager une rivière en éliminant tout esprit de compétition.  Nous étions tous contents de voir que les autres prenaient des poissons.



Nous pêchions par pur plaisir et la rivière fût généreuse avec nous. Les conditions étaient vraiment réunies en cette journée pour une pêche réussie.


Dans les secteurs les plus étroits il y avait encore de nombreuses voûtes de neige et c'est d'ailleurs quelques mètres en amont d'une d'entre elles que je capturerai une superbe "shaku gami" iwana c'est à dire une iwana de plus de trente et un centimètres. Celle-ci s'échappa on ne sait comment de mon épuisette au moment où Takano-san allait prendre une photo, nous étions tous stupéfaits de sa vivacité. Mes amis me félicitèrent pour ce très beau coup de ligne.


A mesure que nous remontions la rivière les voûtes de neige se fîrent plus nombreuses et plus épaisses. Les iwana ayant besoin d'eau très froide pour vivre nous escaladions ces voûtes avec enthousiasme mais en restant prudent.


Nous finirons en fin d'après midi par arriver à un point très étroit bouché par une très épaisse voûte de neige et n'ayant pas le matériel nécessaire nous ne pouvions pas envisager d'escalader une paroi pour passer alors Keiichi-san et Ito-san décidèrent qu'il était temps de redescendre au temba. Si le Japon est l'empire du soleil levant c'est aussi un pays où le nuit tombe tôt et très vite. J'étais vraiment comblé par cette journée de pêche et c'est donc sans amertume que je repliai ma canne.
Arrivés au campement nous nous affairions à ramasser du bois sec et j'en profitai au passage pour récolter quelques grammes de zenmai. Le feu allumé on se détendit en dégustant une bonne Asahi bien fraîche!


Tsurimi-san s'occupa de la cuisine et nous fît un excellent repas constitué de yakitori, de chanko-nabe et de ramen. Nous mangions en discutant du genryu, du tenkara, de la pêche en France et d'autres sujets ayant tous un rapport avec notre passion commune.


On passa vraiment une excellente soirée. Cela restera pour moi un excellent souvenir de mon séjour au Japon.
Le matin, après quelques heures de sommeil, nous fûmes réveillés par le son assez désagréable d'une pluie battante sur le tarp sous lequel nous dormions et comme aucun d'entre nous n'était motivés pour aller pêcher sous la pluie nous prenions largement le temps de faire un petit déjeuner assez copieux. Ensuite nous démontions notre campement avant de redescendre vers la confluence entre la Kanozugawa et l'Akakuzure-sawa pour aller pêcher à l'amont de la Kanozugawa.


Peut-être en raison de la pluie tôt le matin la pêche fût bien plus difficile que la veille. Nous prenions quand même quelques dernières iwana de toute beauté.



Je pense qu'au cours de ces deux jours de genryu tenkara ont été riches en captures et qu'on s'est vraiment fait plaisir à pêcher dans une excellente ambiance et dans des paysages superbes. Vers midi la dernière iwana relâchée nous replions nos cannes et commencions à redescendre la rivière.
Revenus à la confluence entre les deux rivières qui fût le point de départ de notre aventure nous arrêtions pour déjeuner.


Ce repas nous fît le plus grand bien et nous redonna un peu d'énergie pour les derniers kilomètres qui nous séparaient de Tadami. Nous ferons un détour par un village voisin pour aller à l'onsen. Ca nous fît grand bien de nous laver et de nous détendre dans un bain d'eau de source très chaude.


Le soir venu nous passions une soirée mémorable avec Sebata-san et des amis qui partagent notre passion pour le tenkara. Sebata-san est un excellent cuisinier et nous avait préparé un repas digne des grandes occasions.


La soirée fût riche de discussions sur le tenkara mais aussi de rires car Sebata-san a vraiment de l'humour et il ne se prend pas au sérieux. Nous étions fatigués par deux jours de pêche en montagne mais nous voulions tous profiter au maximum de ces moments privilégiés et veillâmes tard dans la nuit.
Le matin on se réveilla tôt encore une fois pour aller pêcher le yamame plus bas dans la vallée, Sebata-san malgré ses douleurs lombaires nous accompagna. Je le regardai lancer et j'admirai la précision de ses lancers ainsi que leur délicatesse. La pêche ce matin là fût difficile et je ne pris que trois yamame dans la matinée tandis que Takano-san en prit un gros qui malheureusement se décrocha à quelques centimètres de l'épuisette.


Vers midi Sebata-san nous invita à déjeuner. On prît ensemble un excellent repas de warabi et de soba tout en parlant évidemment de pêche. Nous nous séparâmes en début d'après-midi après presque trois jours passés ensemble...Trois jours que je ne suis pas prêt d'oublier. 

jeudi 21 août 2014

LE MAGAZINE HEADWATER EDITION ETE 2014

Je n'ai été un adepte des magazines de pêche.
Je n'ai compris l'intérêt qu'il pouvait y avoir à acheter ces publications dont une page sur deux est une publicité. Certes ce n'est pas cher mais quand même 5, 6 ou 7 Euros pour cinquante pages de pub ça fait beaucoup!
Et surtout un des facteurs déterminant dans mon choix est que ces magazines ne traitent pas de sujets qui m'intéressent. Il n'existe aucune publication régulière sur le Tenkara dans cette partie du monde, à part la revue de Tenkara USA dont le deuxième numéro est attendu.

Mais au Japon la presse halieutique est vraiment pléthorique, c'est même impressionnant de voir autant de revues différentes dans un seul pays et l'un deux a rapidement retenu mon attention:  HEADWATER.


Quand j'ai acheté le premier je me suis dit que c'était histoire d'en avoir un dans ma bibliothèque mais que ça ne serait qu'un magazine mais je me suis rendu compte dès que j'ai commencé que c'était LE magazine dont j'avais toujours rêvé!

Ce magazine n'est à proprement parlé un magazine de Tenkara ni de Keiryu mais plutôt une revue qui s'intéresse à la pêche et à d'autres activités pratiquées comme le Sawanobori, la cueillette des champignons, l'artisanat traditionnel, etc. J'aime vraiment cette facette de cette revue qui comprend la pêche comme un élément culturel et non pas comme un simple loisir.

Dans cette édition on retrouve Takashi Yoshida (yoshidakebari) pour un test des cannes Sakura, il y a aussi un reportage sur le kit Patagonia fait également par le même pêcheur.
Comme très souvent dans ce magazine les photos qui illustrent les reportages sont vraiment à couper le souffle. Il y en a pas mal dans chaque numéro qui sont imprimées en pleine page.
Ca n'est pas étonnant que je sois décidé à collectionner tous les numéros de cette revue. Mais ça n'est pas seulement pour le plaisir des yeux car je pense que ces photos qui mettent en scène la pêche telle qu'est pratiquée par ceux qui savent vraiment comment la pratiquer sont une bonne d'informations fiables sur des techniques de pêche comme le Tenkara ou le Keiryu.
Je pense qu'une bonne analyse de photos de pêcheurs tels Takashi Yshida, Yuzo Sebata ou Masami Sakakibara m'apprendra, en plus de ma propre expérience, ce que j'ai besoin de savoir sur ces techniques de pêche.


On retrouve aussi pour chaque reportage de pêche un diagramme indiquant le matériel utilisé. Une idée simple qui à ma connaissance n'existe pas ailleurs. Je trouve ces diagrammes très bien et ça peut donner des idées de montages pour certaines pêches. Dommage que les magazines occidentaux préfèrent se focaliser sur des complications et accessoires inutiles. 


On a le droit aussi dans ce numéro à des reportages sur Yuzo Sebata, plusieurs articles sur le Keiryu, sur la pêche à la mouche, les nouveaux vêtements de chez Tiemco, etc. Le menu est copieux. 
Ce magazine est vraiment très riche et démontre l'énorme avance qu'ont les compagnies Japonaises dans le design et la fonctionnalité des équipements de pêche, d'alpinisme, de randonnée ou de camping. 

Si vous voulez vous faire une idée précise de ce qu'est un excellent magazine de pêche je vous conseille vivement celui-ci.






samedi 2 mars 2013