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samedi 18 juin 2016

Tenkara Fest 2016

A l'issue de la première édition du Tenkara Fest nous étions décidés, Eric Robert et moi-même, à organiser cet événement annuellement et cette année nous avions choisi la Lozère pour nous y retrouver. Comme nombre de pêcheurs nous sommes membres de divers réseaux sociaux et forums mais nous partageons le point de vue que rien ne vaudra jamais de rencontrer dans la réalité d'autres passionnés, ou des néophytes, et de partager quelques bons moments ensemble. 


Après environ huit cents cinquante kilomètres j'arrivai en Lozère sur les berges de l'Alignon où je devais rencontrer un jeune homme qui m'avait contacté via ce blog pour me demander de l'initier au tenkara, pêche qu'il avait envie de découvrir car comme il me le dît lui-même elle correspondait exactement à l'image qu'il se faisait de la pêche à la mouche.


Ce fût pour moi un plaisir de conseiller ce pêcheur qui montra rapidement de belles capacités et prit d'ailleurs assez vite sa première truite au tenkara.  



Je rejoignais ensuite les autres participants dans un gîte idéalement situé dans un endroit d'où nous avions un panorama vraiment grandiose. Mes camarades revenaient d'une belle partie de pêche fructueuse sur un parcours situé dans le village voisin et nous étions donc tous d'excellente humeur et bien contents de nous retrouver après un an.


Nous passerons une excellente soirée dans un esprit de partage et d'échange. Après cette première journée bien remplie nous étions fatigués et ne résistions pas bien longtemps à l'envie de se jeter dans les bras de Morphée. Pour ma part après neuf heures de conduite et deux heures de pêche j'étais littéralement lessivé. Le lendemain matin réveillés aux aurores par le chant du coucou voisin nous prenions un rapide petit déjeuner avant de descendre vers les berges du Tarn.


Sur ce tronçon les berges sont très encaissées, la rivière étroite mais ce fût pour moi un excellent moment de la découvrir en binôme avec mon ami Edouard pendant que Guilhem, Eric et Jean-Marc parcourait une zone en aval. Notre parcours est bien peuplé de truites fario sauvages et très discrètes et ce fût un plaisir d'en faire monter quelques unes sur nos imitations, voir ces truites foncer toute nageoire dehors sur ce qu'elles croient être un insecte qui s'échoue sur l'onde est très amusant. Lorsque deux heures plus tard nous redescendrons vers notre point de départ nous nous rendrons compte de n'avoir parcouru qu'environ trois cent mètres malgré de belles séances d'escalade. Ce fût d'ailleurs l'occasion d'observer sous le pont d'où nous étions partis une très belle truite postée à la sortie d'un courant en attendant que le courant lui serve de quoi se nourrir. 


Revenus à notre point de départ nous retrouvions nos amis qui avaient eux aussi passé un bon moment de pêche sur une portion plus en aval et nous décidions d'aller déjeuner avant de nous rendre dans les gorges du Tarn.


Le début de l'après-midi fût difficile à cause du vent qui s'engouffrait dans les gorges, il était difficile de garder le contrôle de nos lignes, ce qui est indispensable à la réussite au tenkara mais nous avions la chance de pratiquer dans des décors splendides et n'avions pas de doute sur notre capacité à contrer les difficultés. Edouard fût le premier d'entre nous à tromper une truite.


Le vent descendit vers seize heures nous offrant deux heures pendant lesquelles nous prendrons bon nombre de truites. 







Nous pêcherons ainsi avec succès à mesure que nous prenions de l'altitude. Les dernières cascades nous offrirent un spectacle grandiose et nous arrivions ensuite sur le plateau où le Tarn coule entre prés et forêts.


Arrivés sur le plateau nous pêcherons encore un peu et c'est avec surprise que je constatai à quel point les truites du plateau différaient par leur robe de celles des gorges.




Comblés par cet après-midi de pêche nous décidions de replier les cannes et nous fûmes rejoints par Eric et Jean-Marc qui avait pêché plus haut en aval sur le plateau. 


Après cette excellente journée de pêche nous rentrions au gîte où nous passerons une soirée mémorable.
Le lendemain nous allions à quelques kilomètres pêcher sur le Lot mais la matinée fût très fraîche et surtout venteuse, rendant la pêche très difficile bien que nous ayons eu l'opportunité d'observer de nombreuses truites sur le parcours où nous étions. 







Le ciel s'éclaircit en fin de matinée et c'est à l'ombre d'un platane que nous déjeunions avant d'être rejoints par plusieurs personnes avec qui nous nous rendions quelques kilomètres en aval sur un très beau parcours no-kill. Nous y ferons une belle visite ponctuée de belles captures. J'aurai l'occasion dans quelques semaines de revenir sur cette partie du Tenkara Fest.



Après trois jours passés ensemble nous nous séparions, tous contents d'avoir partagé notre passion pour le tenkara et nous nous disions: "A l'année prochaine!"


dimanche 5 juin 2016

Quelques moments de tenkara

Le mois de Juin a commencé comme Mai avait fini c'est à dire fraîchement, le thermomètre reste en berne aux environs d'une petite quinzaine de degrés mais j'avais sacrément envie d'aller me rendre compte de l'état d'une de mes rivières locales favorites et peut-être d'y pêcher histoire de bien commencer le weekend.  La région a heureusement échappé aux pluies diluviennes de la semaine.
L'eau reste très froide et teintée mais je m'en rendis compte après quelques minutes d'observation, cela ne semble pas tant gêné l'activité des insectes; mouches de Mai et sedges en tête, qui émergent régulièrement. Les truites sont discrètes, bien plus qu'elles ne le sont d'habitude à cette époque de l'année, mais j'équipai ma Nissin Zerosum Oni et commençai à pêcher les postes les plus susceptibles d'abriter des truites susceptibles de mordre à ma Yamato kebari.


Pour pêcher ces postes très peu profonds, une trentaine de centimètres, j'utilise le courant et la tenue de ma canne pour faire plonger ma kebari. Portée par le courant celle-ci prend facilement une dérive naturelle, une animation peut décider une truite récalcitrante. 


Comme lors de ma précédente sortie je ne pouvais compter faire le coup du soir car passé dix neuf heures la température baisse très vite, on est bien loin des coups du soir qui s'éternisent jusqu'à ce que l'obscurité soit presque complète. Mais des lancers précis, des dérives contrôlées et un peu de concentration donnent des résultats satisfaisants. 


Les truites s'adaptent aux nouveaux postes créés par les chablis que le vent a déposé en travers du courant. Les dérives naturelles vers l'aval se révèlent être la technique la plus efficace. 




La pêche en noyée vers l'aval avec une seule mouche est une technique simple donc efficace. J'en avais déjà fait l'expérience à l'époque où je pêchais encore à la mouche mais avec une canne tenkara le contrôle des dérives est plus efficace.  



Les truites étaient en nombre dans ce poste créé par cet arbre immergé.


Je finirai cette sortie en aval des piliers d'un antique gué à boeufs disparu depuis longtemps où quelques jolies fario furent elles aussi capturées grâce à la même technique de pêche aval. 


Quel plaisir de pêcher toute en finesse et en technique. Une canne, une ligne, une mouche; ce n'est pas seulement une simplicité de principe mais un gage d'efficacité. 




La dernière truite de cette brève sortie relâchée je rebroussai chemin l'esprit léger et satisfait d'avoir été au bon endroit au bon moment. 



mardi 31 mai 2016

Tenkara après les orages

Depuis ma dernière sortie nous avons été confronté à une météo des plus instables, les orages ont été nombreux et je le constatai le weekend dernier les cours d'eau en portaient la marque à travers une forte teinte mais je voulais profiter hier de quelques moments libres en fin d'après midi je décidai de me rendre sur la rivière la plus proche espérant pouvoir y pêcher.
Le ciel était légèrement voilé, le vent était présent mais faible donc je me disais que les conditions étaient un peu plus favorables que la semaine précédente et je préparai ma canne Oni type 1. 



C'était ma première sortie de pêche sur cette rivière cette année et ma première constatation fût le nombre d'arbres penchés par les tempêtes hivernales ou carrément tombés dans la rivière. 


Si dans le courant principal l'eau était teintée, elle était limpide sur les bordures. Il y avait beaucoup d'insectes ce lundi notamment des petits sedges noirs et des mouches de mai...


J'avais sur ma bobine quatre mètres de level line Nissin Oni-ryu 2.5, un bas de ligne en fluorocarbone d'un mètre auquel était nouée une Yamato kebari


Je pris la première truite après quelques lancers en amont de son gobage. Je la relâchai rapidement et avançai de quelques mètres pour  en prendre une seconde également après l'avoir vu gober une grande éphémère.

Les truites étaient très actives en surface en raison du nombre de mouches de mai à émerger et mon approche discrète et mes dérives contrôlées furent bien récompensés. Aucune d'entre elles ne sembla faire la moindre différence entre les véritables mouches de mai et ma Yamato kebari. 


A mesure que je pêchai le vent se fît plus présent et les truites plus discrètes, je décidai donc de monter plus en amont sur un secteur un peu plus abrité. J'arrivai à un petit spot que j'affectionne car j'y trouve toujours quelques truites calées entre les courants passant entre les cailloux. Si vous souhaitez vous entraîner à ne pêcher qu'avec des mouches non lestées c'est ce type de poste que vous devez rechercher. 


Des lancers précis, des dérives contrôlées sont la clé du succès dans le tenkara; nul besoin de nouer ou de coller des accessoires sur votre ligne pour détecter les touches. Un minimum de concentration sur ce que vous faites vous sera bien plus utile que le dernier gadget à la mode qui fait "expert" dans les forums. 


Malgré une eau teintée, froide et assez haute pour la saison les truites étaient actives et en quête de nourriture. 



Le vent montait et je le sentis car la température baissa d'un cran comme c'est le cas quasiment tous les jours depuis plusieurs semaines. Je pris une dernière truite, une fois celle-ci repartie dans son élément je repliai ma canne, en déconnectai la ligne et reprit le chemin qui me ramènerait chez moi. 


Ce fût une sortie brève et plaisante, je n'eus pas l'opportunité, bien qu'on soit au mois de Juin du coup du soir, mais j'ai quand même profité de ces bons moments au bord de l'eau. Peut-être une autre fois...


lundi 9 mai 2016

Un dimanche entre tenkara et photo


La semaine dernière a été belle, le soleil était au rendez-vous tous les jours faisant monter un peu les températures qui étaient resté dernièrement inférieures aux moyennes saisonnières et j'ai profité de la journée de dimanche pour conjuguer tenkara et photo.
Je décidai d'aller sur une rivière cette fois, et non sur un ruisseau, histoire de voir où en était le niveau d'eau sachant que depuis plusieurs mois il était très élevé sur la plupart des cours d'eau environnants. Je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre et je fus plutôt agréablement surpris de trouver une rivière où en de nombreux points la hauteur d'eau a bien baissé et où l'eau s'est enfin  éclaircie. Même si elle reste froide comme je m'en suis rapidement rendu compte.


Je mettai tranquillement ma canne Oni type 3 en action et nouai au bas de ligne une kebari qui me suit partout depuis plusieurs années. Je pourrai l'appeler la mouche de mai ou la "mayfly kebari" mais je l'ai utilisé pendant toute la saison 2014 avec pour seule variante l'absence ou la présence du thorax en herls de paon et je n'ai pas du tout regretté cette expérience. De toute façon il n'y eut pas dimanche, en tout cas pendant ma présence sur la rivière, la moindre éclosion de la dite Ephemera danica. 


Je ne vis que quelques sulfures émerger et s'envoler sans qu'aucun poisson ne daigne se déplacer pour aller en chercher une. 


Je m'appliquais à des lancers précis et à utiliser au mieux le courant pour faire descendre lentement ma kebari ce que permet le tenkara pour peu qu'on pratique comme il se doit en n'utilisant la ligne que comme un outil à lancer. Je fus récompensé par un belle prise.

Après avoir relâché cette beauté je remontai un peu la rivière mais ce n'était pas à la bonne heure, le soleil projetant mon ombre sur le flot. Cette portion n'étant pêchable que de cette rive je décidai de replier ma canne. Autant laisser les truites tranquilles. Je redescendis la rivière en prenant quelques photos et en repensant à la truite que j'avais prise. Ce fût une partie de pêche assez brève mais intense. 



Le plaisir est la seule mesure qu'un pêcheur de truites devrait jamais relever.




lundi 2 mai 2016

La ligne Fujino "Straight Line"

La firme Fujino, compagnie qui produit à Atsugi au Japon depuis 1957 des lignes et des fils de pêche, a fait appel dans le passé à des connaisseurs reconnus du tenkara pour concevoir des lignes tels que Takashi Yoshida en ce qui concerne les lignes "Soft Tenkara" et "Tenkara Midi"; et Masami Sakakibara concernant la "Soft Tenkara Long Type".
Il y a quelques semaines Fujino annonçait la sortie imminente d'une nouvelle ligne tenkara conçue par un pêcheur très expérimenté et qui a grandement contribué à l'évolution de cette technique et en est un ambassadeur unanimement reconnu: Dr. Hisao Ishigaki.
 


Cette ligne parallèle, ce que nous appelons communément "level line", n'est pas en fluorocarbone mais en polyarylate, une famille de polymères thermoplastiques dont les utilisations industrielles sont très variées.  Dans le cas qui nous intéresse ici il s'agit pour être exact d'un matériau appelé "Zxion" (se prononce "Zekushion" ®), il s'agit d'une ligne constituée de cristaux liquides de polyester  dont les principales caractéristiques en font un produit intéressant pour une ligne de tenkara: solidité très élevée, insensibilité au rayonnement U.V, très faible mémoire de forme. 


La couleur est d'un jaune opaque que j'appellerais "curry" et comme la photo ci-dessus le montre très bien il s'agit d'une teinte mate non fluorescente ce dont on ne peut que se féliciter sachant que le jaune fluorescent pour les lignes tenkara a l'inconvénient de rendre la ligne quasiment invisible, à l'exception de pratiquer la pêche par faible luminosité, et que cela pose problème notamment aux débutants. 
Cette ligne que le Dr. Hisao Ishigaki a d'abord mis au point pour les débutants bénéficie d'une excellente facilité à lancer précisément car elle est assez rigide pour être maîtrisée sans problème et assez dense pour que la transmission de l'énergie des lancers soient optimale. La pointe de cette ligne est faite d'un brin de trente centimètres de nylon tressé qui porte tous les cinq centimètres un marqueur noir constituant ainsi un indicateur de touche qui sera utile au novice.
Cette ligne est proposée en trois différentes longueurs, 3.50, 4 et 5 mètres, auxquelles s'ajoutent la pointe qui mesure trente centimètres.  


Le Dr. Hisao Ishigaki étant, outre un pêcheur qui a quarante ans d'expérience dans le tenkara  qui a su rester fidèle au principe de simplicité du tenkara, un opthalmologue de renom qui a entre autres supervisé l'élaboration des logiciels d'entraînement visuel chez Nintendo est un gage de sérieux.  
Cette pointe de ligne de nylon tressé a ce qu'il faut d'élasticité pour absorber l'énergie des ferrages et si c'est votre "truc" les marqueurs noirs peuvent vous servir à mesurer vos captures puisqu'il y a cinq centimètres entre chacun d'entre eux. 


L'utilisation de cette ligne est très plaisante car elle remplit très bien les objectifs de son concept mais il ne fait aucun doute qu'elle peut aller plus loin que de satisfaire les besoins spécifiques des novices notamment parce qu'elle permet des présentations très délicates. Cette ligne fait vraiment partie de ce qui se fait de mieux en matière de ligne tenkara comme le sont celles créées par Hiromichi Fuji, Yuzoh Sebata, Takashi Yoshida ou encore Masami Sakakibara c'est à dire des matériels qui sont le fruit d'une longue expérience, d'un haut niveau d'exigence et d'une fidélité sans faille au principe de simplicité du tenkara.