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jeudi 13 mars 2014

INTERVIEW DE JOHN PEARSON ET PAUL GASKELL (DISCOVER TENKARA.CO.UK)

Il y a moins d'un mois sortait le premier DVD totalement dédié au Tenkara hors du Japon et le moins que je puisse en dire c'est que c'est une réussite complète. Ce DVD m'a enthousiasmé et je ne compte déjà plus le nombre de fois où je l'ai regardé. Je voulais donc en savoir plus sur les auteurs de ce documentaire et je vous propose aujourd'hui une interview de John Pearson et Paul Gaskell.

Bonjour à tous les deux. Pouvez-vous, s'il vous plaît, vous présenter aux lecteurs de Tenkara Normandie. Quel est votre parcours de pêcheur? J'ai remarqué que vous aviez tous les deux fait des études scientifiques, pensez vous que cela ait eu une influence sur votre passion de la pêche?

John Pearson: Bonjour, je m'appelle John Pearson et je vais à la pêche depuis trente et je pêche à la mouche depuis 25 ans. Depuis 2007 j'ai travaillé chez Fish On Productions à la réalisation de DVD et à la commercialisation de matériaux de montage. J'ai également écrit des articles pour le magazine Total Flyfisher au cours des quatre dernières années et j'ai collaboré au premier numéro du magazine Tenkara USA. Concernant les études scientifiques j'ai un diplôme universitaire de premier cycle en biologie. Concernant l'influence de ces études sur ma pêche c'est l'inverse qui fût la réalité...J'ai choisi mes études en me basant sur mon obsession pour la pêche.
Je pense qu'une meilleure compréhension d'éléments comme l'habitat ou les relations prédateurs/proies donnent un avantage quand on pêche et ces connaissances revêtent un aspect pratique quand je réalise avec Paul des films pour le Wild Trout Trust.

Paul Gaskell: Bonjour, mon nom est Paul Gaskell et j'ai quarante ans, je vais à la pêche régulièrement depuis mes six ans. L'obsession qui est la mienne pour la vie subaquatique m'a amené d'abord à prendre une canne à pêche puis à faire des études de biologie jusqu'au doctorat et ensuite à travailler dans ce domaine. Mes études et la pêche n'ont jamais été vraiment dissociées. En l'occurrence elles font partie d'un même ensemble. J'ai commencé par la pêche en canal et en étang, un peu en rivière et en mer pendant les vacances en utilisant une grande variété de techniques et j'ai beaucoup appris sur les poissons et la vie sub-aquatique avec mon frère Ian et mon père. Je me suis mis à la pêche à la mouche à 13 ans, tout en continuant à pêcher la carpe, et c'est vite devenu ma principale technique de pêche. Tout en pratiquant le lancer le plus possible, je commençais le montage de mouches à 14 ans et lisais tout ce que je pouvais trouver comme informations sur le sujet. Bien que j'appréciais d'autres techniques de pêche j'aimais plus que tout pêcher à la mouche et tout spécialement sur des ruisseaux et rivières très rocheux. Mon approche de la pêche à l'époque où j'ai découvert le Tenkara était déjà en germe dans ma pêche à la mouche; des mouches impressionnistes simples, des cannes longues et douces, la ligne hors de l'eau, dérives inertes et une passion pour trouver les poissons en observant leur habitat et le contact permanent avec la mouche pendant la dérive et bien sûr la détection des touches.



Vous avez tous les deux une longue expérience de la pêche à la mouche et vous êtes maintenant des guides Tenkara certifiés, comment avez-vous découvert le Tenkara? Qu'est-ce qui vous a amené à devenir guide Tenkara dans un pays où cette technique de pêche à la mouche n'est pas encore dominante?

John Pearson: J'ai découvert le Tenkara en 2009 en regardant un documentaire sur la BBC intitulé "Fish: A Japanese obsession". Il n'était pas du question du Tenkara dans ce film mais cela m'a inspiré à enquêter un peu plus sur la pêche au Japon. A l'époque Tenkara USA était la seule source d'informations en Anglais donc c'est principalement grâce au travail de Daniel Galhardo que je suis venu au Tenkara. J'avais travaillé avec Paul sur le DVD de Fish On's River Academy (Urban Fly Fishing) et c'était clair que nous étions tous les deux fascinés par le Tenkara. Nous avons passé énormément de temps à faire des recherches, traduisant tous les sites Japonais que nous trouvions avec Google Translate (ce qui est très difficile). je pense que nous avons tous les deux une personnalité qui fait que nous voulons tout apprendre sur les sujets qui nous intéressent et notre obsession commune pour le Tenkara nous a amené à progresser rapidement car nous étions capables de mettre en commun nos ressources et de partager nos informations.
En ce qui concerne le fait de devenir guide Tenkara ce fût une évolution naturelle. Le fait est que je ne pense pas qu'il y ait qui que ce soit d'autre au Royaume-Uni qui ait travaillé aussi dur que Paul et moi pour découvrir et partager des informations sur le Tenkara. Ca n'a pas pris longtemps pour que des pêcheurs respectés se tournent vers nous pour obtenir des informations sur le Tenkara.

Paul Gaskell: J'en avais entendu parler par des connaissances au Wild Trout Trust (l'association de conservation de l'habitat pour laquelle je travaille) et j'avais vu les premiers articles sur le sujet au Royaume-Uni qui faisait mention de cette technique dont celui de John Beer. Les personnes à qui j'en parlai parlaient tous d'une compagnie appelée "TENKARA USA" qui avait importé la technique du Japon. Ca avait l'air intéressant et j'avais identifié des similitudes entre cette pêche à la mouche de "survie" avec les techniques utilisées par la pêche à la mouche pratiquée dans les compétitions de rivière. J'étais aussi intéressée par d'autres aspects de la culture Japonaise ayant pratiqué le Judo de 7 ans à la vingtaine avant de pratiquer le Shokodan aikido (ce qui m'a amené à faire de la compétition à Kyoto en 2009 et aussi à avoir la chance de m'entraîner dans le foyer du Judo, le Kokodan à Tokyo).
Un autre catalyseur fût probablement le documentaire télévisé "Fish: A Japanese obsession" réalisé par Charles Rangeley Wilson, un des fondateurs et actuel président de Wild Trout Trust. Mes réserves initiales sur les limites de la pêche avec une ligne fixe furent rapidement remplacées par l'assurance d'avoir trouvé une immense école de pensée sur des techniques élégantes et efficaces de pêcher des eaux courantes avec une mouche artificielle. Je suis attaché à ce qui améliore et récompense la perfection technique et permet le développement de la compréhension bien plus qu'à la force brute et aux apparences. Ayant fait la connaissance de John en travaillant au DVD sur la pêche urbaine de la truite fût aussi un événement hautement significatif car nous commencions tous les deux à apprendre de plus en plus de choses sur le Tenkara. Sortir et apprendre, et encore mieux, pratiquer ces approches était  si profondément appréciable que nous voulions commencer à partager nos expériences et nos découvertes. Nous nous sentions incapables tous les deux de garder notre enthousiasme pour nous seuls.

Vous avez sorti le mois dernier ce qui est le premier DVD totalement dédié au Tenkara en dehors du Japon, quel est le processus qui vous a amené à faire cela?

John Pearson: Encore une fois je pense que c'est une progression naturelle. Nous avons tous les deux une véritable passion pour le Tenkara et nous voulons la partager avec les gens. Une partie de ma carrière a été de produire des DVD donc ça me semblait inévitable de faire un DVD sur le Tenkara. Nous avons décidé de faire un DVD quand nous avons inauguré le site Discover Tenkara mais avons consacré une année supplémentaire à faire des recherches sur le Tenkara Japonais et à améliorer notre savoir faire avant de filmer quoi que ce soit pour le DVD. Je pense qu'il y a beaucoup de gens qui essaient de devenir des experts du Tenkara sans vraiment faire leur apprentissage avant; nous voulions que notre DVD soit aussi bien que possible donc nous y avons consacré beaucoup de temps et de travail. 

Paul Gaskell: Et bien, il y avait évidemment les vidéos de Tenkara USA rassemblées sur un DVD et aussi le DVD "Tying Tenkara flies". Cependant je pense que ça restera comme la première production qui essaie de donner une vue complète sur l'histoire du Tenkara, des mouches Japonaises, du lancer, du hand lining et les premières démonstrations de techniques que le pêcheur doit connaître; le tout dans une seule langue: l'Anglais. C'est quelque chose qua nous voulions faire quand John et moi commencions à parler du Tenkara et à faire des recherches et nous avons développé, affûté (et rejeté!) des idées de films depuis cette époque. Si nous avions eu le budget, nous aurions aimé proposer le film dans d'autres langues.

Le Dr. Hisao Ishigaki participe à ce DVD, comment l'avez-vous rencontré? Il a l'air d'être très gentil et d'avoir de l'humour, avez vous une anecdote à nous livrer sur le tournage de ce documentaire?

Paul Gaskell: C'est une histoire qui tourne étrangement en rond mais Steven Wheeler (qui apparaît en tant qu'interprète d'Ishigaki-san dans le DVD) a travaillé au Japon pendant de nombreuses années. Il s'intéressait déjà à la pêche à la mouche et avait lu l'article de Jon Beer dans le magazine  Trout and Salmon qui faisait mention du Tenkara. Steven avait prévu un séjour au Japon après son retour en Angleterre alors il a contacté Jon Beer qui demanda lui-même a son contact au Japon si il connaissait qui pourrait faire l'affaire. Sans le savoir Steven reçut ses premières leçons d'un des pêcheurs au Tenkara les plus respectés sur la planète! Donc quand le Dr Ishigaki dit à Steven qu'il aimerait un jour pêcher en Angleterre il en fît part à Jon Beer et lui demanda si il avait les connaissances adéquates et Jon nous a contacté parce qu'il savait que nous étions des fous du Tenkara engagés dans la création de la première association dédiée au Tenkara au Royaume-Uni. Nous avons une énorme dette envers Steven, pas seulement pour ses formidables talents d'interprètes, mais aussi pour son aide dans l'organisation de ce voyage. 
Le Dr Ishigaki est un homme super charismatique avec un grand sens de l'humour et une impressionnante adresse de lancer et de contrôle de la mouche. Mon anecdote préférée est probablement, bien que ce soit difficile d'en choisir une, celle où il montait sa fameuse kebari pendant un de nos séminaires. Il avait monté une mouche (accompagné de son fameux "guru guru guru guru" en enroulant très vite son fil de montage). Comme il finissait, il dît en Anglais "Maintenant je vais monter un modèle différent". Il monta une mouche identique à la première en disant "chun chun chun chun" au lieu de "guru guru guru guru" avant de tendre sa boîte à mouches à l'auditoire pour que chacun puisse choisir sa mouche préférée en souvenir.

John Pearson: Paul a tout dit sur notre rencontre et sans oublier à quel point Steven Wheeler y fût utile donc je parlerai de Ishigaki-san lui-même. C'est vraiment un homme de la meilleure nature et le plus charismatique que j'ai jamais rencontré et dans les groupes que nous avons organisé pendant sa visite tout le monde fît ce même commentaire. Ishigaki-san est très ouvert d'esprit sur le Tenkara et partage ses connaissances gratuitement mais nous avons remarqué qu'il adapte ses instructions minutieusement en fonction des capacités de la personne ou du groupe auquel il enseigne; il semble avoir une philosophie selon laquelle les étudiants devraient apprendre à marcher avant d'essayer à courir.
Certaines personnes peuvent quitter une leçon en pensant n'avoir reçu que des instructions de base mais ce serait dû plutôt au reflet de leurs capacités actuelles au Tenkara qu'au Dr Ishigaki qui n'aurait pas plus à leur enseigner.
Le dernier jour de sa semaine avec nous le Dr Ishigaki nous a offert une session intense qui était comme un mélange d'un cours de haut niveau et d'un examen. Nous avons appris beaucoup pendant notre temps avec Ishigaki-san et pas seulement sur la pratique du Tenkara mais aussi sur la façon de l'enseigner.
Avant de le quitter nous avons demandé à Ishigaki-san son avis sincère sur nos capacités au Tenkara. Il est resté silencieux pendant un moment afin de répondre et quand Steven nous a traduit ce qu'il avait dit nous étions sans voix, stupéfaits, modestes et honorés!
Voici ce qu'il a dit: "J'ai vu John et Paul pêcher et je leur ai transmis la technique et la culture du Tenkara. Leur Tenkara est de très hat niveau. Il y a peu de gens, même au Japon, avec leur niveau technique. Ils ont le bon niveau technique et la connaissance du Tenkara et je vous recommande de l'apprendre d'eux."



Plus sérieusement, pensez-vous qu'il soit important pour le Tenkara en Occident d'être soutenu par des maîtres Japonais comme Ishigaki-san? Pensez-vous que les pêcheurs Occidentaux aient besoin de ce sceau d'authenticité?

John Pearson: Beaucoup expriment rapidement l'opinion selon laquelle il n'y a pas besoin de suivre un dogme dans le Tenkara,  bien que je sois d'accord avec cela jusqu'à un certain point sur ce sujet, certains font ce que bon leur semble mais viennent ensuite critiquer des gens comme Paul et moi qui essaient d'amener des connaissances précises et authentiques vers un auditoire plus large.
Je pense que si vous voulez seulement une expérience amusante avec une canne Tenkara alors c'est bien. On adore dire "Il n'y a pas de bonnes et de mauvaises façons de s'amuser". Si vous regardez attentivement l'équipement de pêche de la plupart des gens (quoi que ce soit au Tenkara ou autre chose) vous y trouverez souvent un mélange éclectique de différentes influences et disciplines. 
Ce que je pense être important pour ceux qui prétendent être des experts, qui écrivent sur le sujet ou qui enseignent le Tenkara est d'avoir une base solide de connaissances authentiques prises à leurs sources. Il n'y a que des gens arrogants et myopes qui pensent qu'ils n'ont rien à apprendre de la culture et de l'histoire Japonaise du Tenkara qui existe probablement depuis au moins mille ans.
Quel meilleur moyen y a-t'il de s'assurer que votre source de connaissance est précise que d'avoir le soutien des autorités les plus respectées sur le sujet comme le Dr Ishigaki?

Paul Gaskell: Je ressens ce besoin à 100%, pour n'importe quelle activité dans laquelle on veut exceller et/ou l'enseigner aux autres nous avons besoin d'une source de laquelle apprendre. Cela est vrai même si on veut déchirer le livre des règles et partir sur une voix totalement différente une fois que vous maîtrisez le sujet. Donc ce n'est pas réduire la chose à un tampon d'approbation (bien que ce soit une marque de crédibilité utile) c'est plutôt qu'on se ferait du tort si nous nous privions des informations et de la sagesse des initiateurs de cet art. 
Je pense que c'est naïf et arrogant de penser qu'un art qui a une lignée ininterrompue de pratiquants (et pas d'auteurs) couvrant probablement plus de mille ans n'aurait pas développé une chose ou deux qui soient valables, ou au moins intéressantes, à connaître. Ayant dit cela, je soutiens quiconque veut prendre une canne Tenkara et s'en servir comme bon lui semble; je pense vraiment que c'est formidable. MAIS si vous voulez enseigner le Tenkara, le commenter et potentiellement vous forger une opinion dessus mieux vous assurer de ne pas tirer vos informations de votre cul!

Le Tenkara est traditionnellement une technique de pêche commerciale mais aujourd'hui c'est associé au calme, à la détente, en un mot au "zen" mais sans oublier la grande efficacité de cette technique de pêche à la mouche. En même temps on voit rarement se manifester un quelconque esprit de compétition parmi les pêcheurs au Tenkara, avez vous aussi observé cela?

John Pearson: Je ne pense pas que ce phénomène soit unique au Tenkara, il y a beaucoup d'activités de loisirs modernes qui prennent racine dans des activités commerciales ou de subsistance. Le point commun qu'ont les activités qui font la transition et deviennent des activités de loisir est d'être amusantes! Il y a toujours une tentation avec tout ce qui nous donne du bien être ou de la tranquillité d'esprit de qualifier cela de "zen". Le zen est devenu un terme fourre-tout en Occident associé à tout ce qui donne un aspect spirituel au calme mais réconcilier la pêche et la religion Bouddhiste Zen est difficile.
A mes yeux la philosophie du Tenkara tend plus à une compétition avec soi-même qu'avec les autres. Vous simplifiez la façon dont vous faites les choses, vous simplifiez votre équipement et ensuite vous voyez si vous êtes capable d'utiliser vos connaissances et votre savoir faire pour être un pêcheur qui rencontre le succès. Il semble aussi qu'il y ait un grand sens de la communauté dans le Tenkara, plutôt que de se rassembler pour entrer en compétition les pêcheurs au Tenkara sont heureux de se rassembler et de partager leurs expériences.


Paul Gaskell: Le sentiment d'immersion totale ou de "flottement" quand on pêche est un des traits les plus plaisants de cette activité et beaucoup utilisent le terme "zen" pour le décrire, ce qui est valide et très descriptif. Il faut cependant signaler la différence entre cette description and la vrai religion Bouddhiste qui pourrait prouver le challenge de la réconcilier avec le fait d'attraper des animaux que ce soit pour le sport ou se nourrir.
Au delà de ce fait, ce qui est vraiment intéressant, et c'est quelque chose dont nous avons parlé dans de longues conversations avec Ishigaki-san, c'est que le Tenkara moderne au Japon évite délibérément la compétition. Le sentiment des amateurs (mais passionnés) de Tenkara au Japon (dont le Dr Ishigaki est actuellement le président) est que la joie du Tenkara implique de partager librement avec les autres; aussi bien au Japon qu'à l'étranger. Donc il n'y a rien de fondamental contre la compétition en général, ils y voient juste quelque chose qui pourrait inhiber la partage de cette technique et la joie qui en découle. La raison pour laquelle ces conversations étaient longues et intéressantes vient de "l'évolution convergente" des techniques de pêche en rivière issues des compétitions internationales (bas de ligne à la Française, pêches en nymphes Européennes) et les moyens de survie et de gagner sa vie des pêcheurs professionnels dans les montagnes Japonaises! 
Dans les deux domaines il n'y aurait rien à gagner à seulement être bon dans des joutes verbales; les résultats seuls comptent. Nous avons passé des heures à identifier beaucoup de points communs entre le Tenkara et les techniques Européennes de compétition mais aussi de grandes et signifiantes différences.

Le Royaume-Uni a probablement la plus communauté de pêcheurs à la mouche d'Europe, j'ai vu sur le blog DISCOVER TENKARA UK que vous organisiez des séminaires sur le Tenkara et je me demandai quelle était la proportion de pêcheurs à la mouche parmi les participants? Mon opinion personnelle est que les pêcheurs Européens sont bien plus conservateurs et moins curieux que leurs homologues Américains, êtes-vous d'accord?

John Pearson: Nous avons participé à des événements locaux où les participants n'avaient aucune expérience de la pêche mais sur la plupart des autres événements que nous avons organisé, aussi bien que je puisse m'en rappeler, tous les participants avaient une expérience de moucheur (le plus souvent en rivière).
Je pense qu'il est possible qu'il y ait beaucoup de différences entre l'Europe et les Etats Unis et c'est difficile de déterminer la proportion de conservateurs et d'aventureux. Nous ne voyons ou n'entendons parler que de ceux qui nous font connaître leur présence et il y a sûrement des milliers (et même des millions) de pêcheurs qui apprécient très simplement leur pêche.
On rencontre des pêcheurs qui sont dédaigneux du Tenkara mais leur attitude tend à être seulement un manque de connaissance. Nous avons réussi à convertir quelques sceptiques au Tenkara une fois qu'ils avaient la chance d'essayer mais il y aura toujours ceux qui seront déterminés à critiquer n'importe quelle technique qui n'est pas leur préférée, nous avons vu cette attitude envers plein de technique de pêche à la mouche à travers les années. 

Paul Gaskell: En dehors des événements publics où la plupart des participants n'ont pas ou peu d'expérience d'activité en rapport avec les rivières, je dirai que presque 100% des participants aux séminaires sont issus de la pêche à la mouche. Ayant dit cela, il faut dire aussi qu'il n'y a actuellement qu'une petite proportion des pêcheurs à la mouche qui, si ils ont déjà entendu parler du Tenkara, ont une idée précise de ce qu'est le Tenkara. Donner une image précise de ce qu'est le Tenkara et tracer une voie pour les faire progresser au Tenkara si ils sont intéressés sont les bases fondamentales de notre site internet, de nos séminaires, de nos écrits et de nos projets de DVD. Il est à noter, d'après mon expérience, que le niveau technique de pêche en rivière est bien plus élevé en Europe continentale qu'au Royaume-Uni (bien que cet avis puisse être faussé par le style des pêcheurs Européens que j'ai rencontré jusqu'à présent!). Ca m'intéresserait de comprendre si un niveau technique élevé (sans tenir compte du pays d'origine) se traduit plutôt par de l'intérêt ou de l'indifférence pour le Tenkara.


Il y a quelques jours j'ai vu sur votre page Facebook suite à votre publication annonçant la sortie du DVD quelqu'un utiliser le sempiternel "argument" de la tapette, que pensez-vous de ce genre "d'argument" contre le Tenkara? J'ai remarqué qu'il revient dans les échanges à chaque fois que l'interlocuteur anti-Tenkara n'a rien de sérieux à dire ou à écrire pour soutenir son opinion! On a parfois l'impression que certains ont "peur" que le Tenkara remette en question ce qu'ils croient savoir sur la pêche à la mouche...

John Pearson: Je pense que c'est un symptôme de l'époque d'internet, il y a aura toujours des gens qui voudront faire connaître leur opinion sur un sujet dont ils ne savent rien! C'est souvent accompagné par une argumentation qui tourne vite en insultes si on a des arguments contraires constructifs et raisonnables. Je suis content quand j'entre en conversation avec quelqu'un qui est sceptique sur le Tenkara si ils sont sincèrement curieux et enclins à en discuter mais il y a beaucoup de gens à l'esprit étroit qui voit le Tenkara comme une cible facile et cherchent seulement quelqu'un à insulter. Je suppose qu'il faut essayer de dépasser ces mauvaises attitudes, dans ce cas il me vient à l'esprit une citation de Mark Twain: "Ne discutez jamais avec un idiot, les spectateurs pourraient ne pas être en mesure de faire la différence".

Paul Gaskell: Je pense que c'est juste un exemple de la nature humaine qui consiste à faire entrer quelque chose dont nous ignorons tout dans une boîte qui contient tout ce que nous savons déjà. Cela disparaît rapidement quand les gens lancent et pêchent et ressentent eux mêmes la différence. C'est une parfaite démonstration de progrès à travers ce que les psychologues appellent "Les quatre stades de compétence" de l'apprentissage. Quand quelqu'un réduit le Tenkara à la "tapette" est un bon exemple du premier stade qui est connu comme "incompétence inconsciente"; à ce niveau l'individu ne sait pas comment faire quelque chose et ait incapable de reconnaître cette déficience.

Nous sommes maintenant à quelques jours du printemps et de la saison de la pêche à truite, quels sont, en tant que guides Tenkara, vos projets et vos attentes pour cette année 2014?

John Pearson: Je travaille comme guide en plus de nos événements de groupe annoncés sur notre site internet et je serai donc souvent en guidage avec nos clients. J'aime partager ma passion du Tenkara alors, pour moi, je me sens faire le meilleur travail du monde!
Nous allons aussi nous rendre au Japon pour pêcher avec le Dr Ishigaki et plusieurs autres experts Japonais. Nous travaillerons dur et produirons beaucoup d'écrits, de photos et de vidéos pour ramener avec nous le plus de connaissances possible. 
Nous travaillerons également sur le prochain DVD que nous espérons sortir plus tard dans l'année.

Paul Gaskell: Nous espérons une série fantastique de séminaires et nous avons beaucoup de choses prévues à sortir pour le monde du Tenkara. Nous visiterons le Japon pour rencontrer des experts du Tenkara (et, c'est important aussi, des enthousiastes du Tenkara de tous niveaux) à la fin Mai/début Juin pour en apprendre plus.

Le DVD "Discovering Tenkara" porte sur sa jaquette la mention "Vol. 1", pouvez-vous, s'il vous plaît, ne dire quelque chose sur le "Vol. 2" ou tenez vous à garder ce projet secret?

John Pearson: Nous avons tellement d'informations à partager et nous travaillons constamment à améliorer nos connaissances et notre technique. Nous avons en projet de sortir des DVD avec un niveau de savoir faire plus élevé dans l'avenir mais nous sommes enthousiasmés par notre premier DVD qui offre une fondation solide sur laquelle les gens peuvent construire. Nous espérons également présenter plus d'informations sur les mouches traditionnelles Japonaises et peut-être sur la réalisation de Tamos.

Paul Gaskell: Nous avons beaucoup de projets et ça dépend en partie de l'ordre dans lequel nous pourrons capturer certains aspects particuliers du film. Bien sûr, nous emmènerons nos caméras au Japon et qui sait ce que nous enregistrerons là-bas! D'une manière générale, avec l'avancement dans la série vous pourrez voir des démonstrations et leçons détaillées sur le lancer, la présentation, le repérage des poissons et des techniques jouer avec les poissons et aussi bien sûr montrer l'expérience amusante qu'est le Tenkara en rivière.

Je vous remercie de m'avoir accordé un peu de votre temps qui je le sais est précieux pour répondre à mes questions! Je vous laisse, s'il vous plaît, conclure cette interview...

John Pearson: Merci Christophe. C'était vraiment un ensemble de questions intéressantes et j'ai réellement pris plaisir à y répondre. Merci aussi pour ton intérêt pour DISCOVER TENKARA  et la fantastique critique de notre DVD...J'espère que nous arriverons à en sortir d'autres du même standard dans l'avenir.

Paul Gaskell: Merci beaucoup Christophe pour tes questions bien réfléchies et aussi pour ton intérêt et ton soutien de ce que nous faisons avec DISCOVER TENKARA. Merci aussi pour ta critique très humble et positive de "Discovering Tenkara Vol. 1" .


lundi 10 mars 2014

LES HAMECONS GAMAKATSU "AMAGO HAN SUREHINERI"

Depuis le début de l'année je me suis en tête l'idée d'explorer un peu le marché Japonais en matière de matériel de pêche et en particulier d'hameçons. Les références sont très nombreuses et très variées, aujourd'hui j'ai reçu des GAMAKATSU "Amago Han Surehineri".


Mais qu'est ce que ce nom veut il bien dire?
AMAGO: Espèce de salmonidé endémique du Japon, une des espèces iconiques du Tenkara.
HAN:  signifie "Demi"
SURE: signifie littéralement "fil"ou "ardillon"
HINERI: singnifie littéralement "torsion" ou " courbe"
On peut donc traduire "AMAGO HAN SUREHINERI" par "Hameçons courbes à petit ardillon pour l'Amago".

Ce sont des hameçons à palette, très petite d'ailleurs, fins de fer et de couleur vert métallisé. 
L'utilité de la pointe non alignée avec la hampe est de faciliter le ferrage, l'ardillon est vraiment minuscule. Je ne sais pas si je vais faire comme d'habitude et l'écraser tellement je pense que j'ai plus de chance d'abîmer la pointe de l'hameçon. 



Ces hameçons d'excellente qualité comme toute la gamme Gamakatsu sont vendus en sachet de 15. 
Si vous êtes intéressés par ces excellents hameçons vous pouvez vous les procurer, en exclusivité, chez tenkarastyle.com









samedi 8 mars 2014

MON OUVERTURE 2014

C'est aujourd'hui l'ouverture de la pêche de la truite et comme tous les ans je me suis, bien volontairement, soumis à ce rituel qu'est la première sortie de pêche en rivière de l'année. Comme tous les ans le matériel était fin prêt plusieurs jours à l'avance, comme tous les ans je n'ai quasiment pas dormi et comme tous les ans ce rituel m'a fait un bien fou!


Comme je le fais depuis de nombreuses années je suis allé pour cette ouverture sur la Bérence, un petit ruisseau qui n'est encore pas trop dénaturé. Si le soleil est bien présent dès mon arrivée à 10 heures, le vent l'est aussi et il ne fait pas bien chaud. Ayant presque toujours fait l'ouverture ici je sais par expérience que la pêche sera difficile mais c'est ce qui la rend intéressante.
Je noue tranquillement ma mouche à mon bas de ligne et me met en action. Ma mouche nouée je la met au creux de ma main et la trempe dans l'eau glacée. 


Elle n'en coulera que mieux dès le premier lancer. Je connais ce ruisseau, les truites y vivent planquées derrière les cailloux, dans les creux des berges, dans les racines des arbres et ne bougent que très peu; c'est donc à moi de leur faire passer cette mouche noyée à portée pour avoir une chance d'en tromper quelques unes.


Je prendrai en deux heures une bonne vingtaine de ces petites truites très voraces qui n'hésitent à mordre cette mouche montée sur du Owner Kuwahara taille 3! Il est maitenant midi et je commence moi aussi à avoir faim et je décide de rentrer chez moi.


Je redescend en faisant quelques lancers mais c'est moins payant, les poissons sont bien plus difficiles à leurrer en pêchant vers l'aval. Surtout dans un ruisseau d'un mètre de large sur trente centimètres de profondeur. Je prends quand même une truite un peu plus grosse que les autres. 


J'aurai pu insister un peu plus c'est vrai mais ces deux heures de pêche me suffisent pour aujourd'hui. Nous avons jusqu'au 21 Septembre pour assouvir notre passion alors ça ne sert de foncer tête baissée.

Ca faisait six long mois que j'attendais ce moment et il est enfin arrivé! La pêche à la truite est ouverte!!!









mardi 4 mars 2014

LE  TENKARA STRAP PACK ZIMMERBUILT

Je vous avais fait une revue de détail de mon sac à dos Tailwater de chez Zimmerbuilt il y a trois semaines et j'avais conclu ma chronique en faisant état de mon besoin d'un chest pack léger et compact...Une visite du site Zimmerbuilt a suffi à trouver le complément idéal du sac à dos: le Tenkara strap pack.

Mon matériel de pêche ayant vu son volume se réduire sérieusement même un chest pack classique serait trop grand et je ne pourrai en plus pas le fixer sur le sac à dos; à moins de me taper une bonne séance de couture.


Ses dimensions sont les suivantes:
-15 cm de hauteur
-11,4 cm de largeur
-5 cm d'épaisseur

Poids: 35 grammes (!)

Il est équipé de deux clips (un en haut et un en bas) qui permette de le fixer sur les bretelles du sac à dos.


Il compte trois mini anneaux en D pour suspendre des accessoires. Ce qui est largement suffisant au pêcheur qui n'emmène que ce dont il a besoin.


Cette sangle est incluse dans le strap pack, elle vous permet grâce à deux petites boucles de cordura situées sur les côtés du zip du compartiment principal de porter votre strap pack sur la poitrine, en bandoulière ou à la ceinture. Là encore cette sangle très simple est suffisante puisque le strap pack n'est pas prévu pour emmener beaucoup de matériel inutile, aucun besoin de coutures renforcées ni de rembourrage. 

Maintenant voilà ce que j'emmènerai comme matériel de pêche cette année:


Une boîte à mouches em bambou, solide et légère. 


Une bobine à ligne


Une bobine de fluorocarbone et d'un coupe fil!


Je pense qu'on pêche mieux et vraiment différemment quand on ne s'encombre pas d'accessoires inutiles, on est vraiment concentrés sur l'essentiel. Si certains veulent pratiquer le Tenkara de la même façon dont il pêche à la mouche c'est à dire avec un équipement pléthorique et des accessoires à ne même plus savoir où les accrocher je ne porte pas de jugement mais ils se compliquent la vie inutilement à mon avis.
J'ai commencé la saison dernière à comprendre les vrais avantages du Tenkara parce que j'avais déjà commencé mon processus de simplification et dans ce domaine je pense avoir bien avancé.
Je pense que si j'ai avancé dans ce processus de simplification c'est aussi qu'en grande partie parce qu'en rivière je ne pratique que de façon traditionnelle, je ne pêche qu'en noyée. Et pour une raison simple. Si au cours des siècles les pêcheurs Japonais n'ont jamais éprouvé le besoin de développer d'autres montages c'est que cette technique était tout simplement la plus efficace. Il faut ne pas oublier que les pêcheurs traditionnels pratiquaient une pêche commerciale ils n'avaient donc pas de temps à perdre à développer quoi que ce soit d'inutile et d'inefficace. 

Je pense que j'arriverai à trouver mon Tenkara, maintenant que je me suis débarrassé des inutiles oripeaux du pêcheur contemporain je vais avoir les années qui viennent pour améliorer ma technique.






mercredi 26 février 2014

LE PANTALON SCIERRA AQUATEX PRO

Nous sommes maintenant à moins de dix jours de l'ouverture de la saison de la truite et il est temps de passer en revue l'équipement afin d'éviter tout désagrément de dernière minute qui pourrait gâcher la fête.
Le jour de l'ouverture est rarement une bonne journée de pêche mais il faut respecter le rituel et faire l'ouverture!
Je ne me fais guère d'illusions sur les conditions météorologiques lors de cette ouverture donc je prépare une tenue adéquate: imperméable!

Après avoir usé très vite des sur-pantalons bas de gamme, pourtant avec des noms connus sur les étiquettes, j'ai décidé il y a trois ans d'investir dans un produit de qualité et après pas mal de recherches dans les catalogues et les forums je me suis orienté vers la marque Danoise SCIERRA et plus particulièrement vers le modèle Aquatex Pro. Ses caractéristiques sont les suivantes:

-Deux couches de nylon taslon 320 deniers traité au polyuréthane.
-Coutures étanches.
-Coutures renforcées à l'intérieur des jambes.
-Imper-respirant et étanche à une colonne d'eau de 8000mm.
-Doublure en mesh de taffetas.
-Dos plus haut pour éviter les courants d'air.
-Taille élastiquée.
-Ceinture réglable à boucle rapide extra plate.
-Deux poches biais à zip étanches et doublées en micro polaire.
-Deux poches basses fermées par velcro.
-Genoux préformés par couture pour plus de confort.
-Genoux renforcés.
-Velcro ajustable aux chevilles.


Les caractéristiques de ces pantalons sont des plus alléchantes mais est-ce que sur la durée ça valait le coup d'y mettre 150 Euros?

Ce qui m'a surpris quand j'ai essayé le Aquatex pour la première fois c'est que la taille indiquée sur le site internet Scierra et sur l'étiquette du produit correspondaient exactement. Il y a juste une petite marge pour pouvoir le porter confortablement sur un autre pantalon. Ca change des baggys 4XL habituels!
La ceinture réglable est légèrement élastique et la boucle extra plate (1 cm) se fait oublier. Et après des centaines d'utilisation  elle est toujours comme neuve, les élastiques ne se sont pas détendues et la boucle est toujours opérationnelle.
 Le dos plus haut se matérialise par une bande de tissu doublé de micro polaire, c'est simple et efficace.
Après trois saisons les zips étanches des poches sont toujours parfaitement opérationnels ce qui est une première dans mon expérience avec les sur-pantalons de pêche. Je ne sais de quel fabricant ils sont issus mais Scierra a fait le bon choix! Ces deux poches biais sont doublées de micropolaire qui remplit parfaitement son office en vous réchauffant les mains. Après trois saisons cette fibre micro polaire n'a même pas commencé à pelucher, elle est donc de très bonne qualité.



Quand je vais à la pêche je marche beaucoup et je mets les coutures des pantalons à rude épreuve mais sur le Scierra elles n'ont pas encore eu besoin d'être réparées ni refaites. Ce point est à noter car ce sont les coutures qui déterminent la durée de vie d'un vêtement imperméable. Ici pas de soucis!
La respirabilité est vraiment bonne car je n'ai jamais eu d'impression de surchauffe avec ces pantalons même après des marches de plusieurs kilomètres. Ces pantalons aident à maintenir votre confort même si vous êtes statiques.


Les poches basses ferment par un velcro qui tient vraiment bien et là aussi impeccablement cousu. Après de très nombreuses manipulations c'est comme neuf! Ces poches sont bien entendu à l'épreuve de la pluie. Les renforts aux genoux sont faits d'un tissu épais mais souple qui est d'une solidité incroyable; ils sont préformés et très confortables.

Le bas du pantalon est réglable grâce à un velcro. La bande de réglage est en caoutchouc vraiment à toute épreuve. Voyez son état après trois saisons et  beaucoup de rencontres avec des ronces et ça vous donne une idée de sa solidité!


Dans l'ensemble ce produit n'a rien qui le mette en défaut si ce n'est qu'il n'est plus au catalogue Scierra mais qu'on peut le trouver à des prix très abordables sur internet. 
Vous pourrez néanmoins vous procurer son successeur nommé KENAI.

jeudi 20 février 2014

DISCOVERING TENKARA  Vol. 1

Je vous en avais parlé il y a quelques jours et je dois dire qu'au moment où vous lisiez le post j'avais déjà commandé un exemplaire! Il a mis quelques jours à arriver du Royaume-Uni et j'avoue que tous les matins je guettai le passage de ma factrice préférée... C'est quand même un événement: le premier DVD entièrement consacré au Tenkara réalisé en dehors du Japon.

Après quelques jours de patience l'enveloppe était dans ma boîte mais pris par le temps je n'avais pas le loisir de regarder le film entier d'une seule traite et devait me contenter de quelques bribes tous les jours...Jusqu'à cet après-midi où je me suis décidé à le visionner posément pour en profiter au maximum et me faire un avis sur ce DVD dont j'attends beaucoup.
C'est donc en direct de mon canapé que je vous fais cette chronique!



Le documentaire dure 44 minutes et on est littéralement immergé dedans dès qu'on a appuyé sur "play".

Le menu est des plus complets et tous les aspects du tenkara sont abordés, de l'histoire et la philosophie de la discpline en passant par le montage des mouches et le ferrage. Rien n'a été oublié!  Toutes les explications donnés par Paul Gaskell, John Pearson et Hisao Ishigaki sont des plus claires (même pour quelqu'un qui ne maîtrise pas parfaitement l'anglais) avec quelques notes d'humour bien senties.
J'attendais beaucoup de DVD et je dois dire que je suis satisfait de ce que j'ai acheté car tout a été pensé et réalisé pour obtenir le meilleur résultat possible. On sent vraiment la passion et l'implication de chacun des trois protagonistes à chaque moment de ce documentaire.

Le DVD comporte deux bonus d'une durée de 25 minutes. Le premier est une séquence de montage de mouche sans étau et de pêche avec la mouche ainsi montée.
Le second est très intéressant et traite de manière magistrale, ralentis et explications très simples à l'appui, de la détection des touches au Tenkara.
Cette séquence montre d'ailleurs très bien que bien souvent nous manquons plus de truites que nous n'en capturons. 

Dans l'ensemble ce film m'a entièrement satisfait parce qu'il ne comble pas seulement un manque sur la scène tenkara mais aussi parce qu'il se démarque très clairement des vidéos de pêche à la mouche classique. Il n'est question ici que de simplicité et d'efficacité, de technique et de bons sens. 
C'est si rare aujourd'hui qu'il n'y ait pas une forme ou une autre de publicité dans un documentaire sur la pêche à la mouche que ça fait une vraie différence pour le spectateur. 


Ce DVD va très vite devenir un objet de collection vénéré par les enthousiastes du Tenkara je n'ai aucun doute là dessus! 
Maintenant il ne reste plus qu'à le regarder encore et encore pour attendre patiemment la sortie du n°2!








vendredi 14 février 2014

LES HAMECONS NANO-GURE DE GAMAKATSU

Depuis quelques temps j'explore le sites internet des grandes marques Japonaises de matériel de pêche et je n'en reviens pas de l'étendue de ces catalogues. On croit connaître cette offre mais je me rends compte que nous n'avons accès qu'à la partie émergente de l'iceberg; des centaines de références nous sont totalement inconnues.
Je vous parlerai aujourd'hui d'hameçons; des Nano-Gure de chez Gamakatsu.


Commençons par le commencement! Le nom de ces hameçons qui est "nano-gure" signifie que ceux-ci sont traités par un coating de nano particules et qu'il s'agit d'hameçons originellement destinés à la pêche du Gure, également connu sous le nom de Mejina. 


Les caractéristiques de ces hameçons sont les suivantes:
-Hampe fine et courte
-Hampe à flans plats
-Surface ultra lisse


Il y a déjà pas mal de temps que j'utilise des hameçons prévus pour la pêche en mer pour monter des mouches mais jusqu'à présent je ne le faisais que pour les rares streamers que j'utilise mais maintenant je vais essayer d'en tester pour le montage de mouches noyées. Cette référence m'a paru particulièrement intéressante à cause de son ouverture très large et sa pointe rentrante ultra pointue et leur ardillon très petit qui n'en sera que plus facile à écraser.
Il y a quelques jours quelqu'un m'a demandé si je les faisais venir du Japon...Oui! On peut certes trouver certaines références d'hameçons sans oeillet Gamakatsu chez nous mais il faut être réaliste ça me coûte moins cher de les acheter au Japon et de me les faire livrer à domicile.
Ces excellent hameçons se vendent par sachet de 20 pour le prix modique de 300 Yens soit 2,15 Euros...Alors pourquoi acheter moins bien et plus cher ailleurs?


Merci à messieurs Keiji Ito et Yoshinori Yoshitake pour leurs talents d'interprètes. Sans leur aide ça m'aurait pris une journée pour traduire l'étiquette!






lundi 10 février 2014

MON SAC A DOS ZIMMERBUILT TAILWATER

Ayant décidé de ne plus utiliser de gilet de pêche comme je l'ai écrit il y a quelques jours je décidai de mettre celui-ci en vente et m'en débarrassai rapidement sur un site de vente en ligne bien connu. J'aurais certes pu le garder, il avait beaucoup servi mais était en parfait état mais j'avais besoin de sa valeur pour financer l'achat de ce qui va désormais le remplacer: un sac à dos.

J'avais fait pas mal de recherches il y a quelques temps sur les sacs à dos de pêche mais ne trouvai pas grand chose qui me convienne, j'en étais même arrivé à me demander si les gens qui conçoivent ces sacs à dos inadaptés sont eux-mêmes des pêcheurs puis il y a plusieurs semaines suite à un commentaire dans un forum mon ami Adam Trahan me conseillait de prendre contact avec Chris Zimmer, le patron de Zimmerbuilt. Et je l'en remercie!


Avant de contacter Chris Zimmer, je pris plusieurs jours pour bien réfléchir à ce que je voulais et à ce qui serait le mieux adapté à mes besoins sachant que mon matériel de pêche, en terme de volume et de poids, a radicalement diminué.
Une fois que j'ai eu une idée assez précise de ce que je voulais j'ai pris contact avec Chris Zimmer et dans la journée mon sac à dos était fait...Vous avez bien lu! Le sac a été conçu par une conversation de quelques emails et le soir il était fabriqué. Il ne me restait plus qu'à payer et attendre.Et trois jours plus tard le sac à dos était entre mes mains!


Je me suis basé sur le sac Tailwater qui a une contenance de 21 litres pour un poids de 248 grammes. Il est réalisé en dyneema, une fibre extrêmement légère et solide.
Le Tailwater standard a presque toutes les caractéristiques  que je recherchai mais il y avait quelques détails que je voulais ajouter.
J'ai fait ajouter un compartiment en mesh (18x18) sous le crochet du réservoir d'hydratation qui me permettra de garder mes clés, permis de pêche, carte d'identité, etc. au sec et à l'abri de tout égarement. Quand on a perdu ses clés à la pêche et qu'on ne se rend compte que plusieurs heures après ce n'est même pas la peine de les chercher. Et je sais de quoi je parle!


Le Tailwater standard est équipé de deux tubes à cannes mais j'ai demandé à Chris Zimmer d'y ajouter des cordons de fermeture dans l'éventualité où je transporterai une ou des cannes sans leurs tubes de protection afin d'éviter que les cannes se balancent dans les tubes porte cannes. Je n'ai jamais aimé marcher avec des objets bringuebalants sur le dos.


Les bretelles sont légèrement rembourrées, je dirai moins que la moyenne. Mais c'est une bonne chose car avec une contenance de 21 litres, si vous n'emmenez que ce qui est utile pour une sortie de pêche d'une journée vous n'aurez jamais beaucoup de poids à porter. De plus un rembourrage trop épais retient la chaleur sur le corps. Les bretelles sont également équipées de sangles sut toute leur longueur pour permettre l'ajout d'accessoires. Le Tailwater est équipé d'une sangle réglable de poitrine dont la boucle est un sifflet de survie. 


Pour maintenir les cannes bien en place le Tailwater dispose de deux tubes en dyneema auxquels s'ajoutent en haut du sac deux élastiques munis de bloqueurs qui vous assurent de l'immobilité des cannes pendant la marche. Ca me paraît une solution bien plus simple que les sangles que j'ai vu chez les concurrents et dont le système de verrouillage ne me paraît pas convaincant.
L'avant du sac est équipé de deux sangles reliées par un élastique ce qui vous permet de réellement bloquer le contenu du sac pendant une marche mais aussi d'ajouter des accessoires à votre sac sans avoir à faire de la couture vous-même.

Bien entendu le Tailwater est fait d'un tissu étanche et le zip est lui aussi étanche. On le voit sur la photo ci dessus à droite, il n'y a aucun rembourrage sur l'extérieur du dos de ce sac et c'est une très bonne chose pour un sac destiné à des petites sorties de pêche avec peu de matériel à emmener car le rembourrage dorsal excessif de nombreux sacs à dos en fait des étuves portatives.

Dans l'ensemble je dirais que j'ai enfin un sac à dos qui corresponde à ce que je voulais et en plus pour un prix inférieur aux produits de grande série proposée par la concurrence. Il ne me reste qu'à attendre que la pêche soit ouverte pour étrenner de superbe sac à dos.


vendredi 7 février 2014

LES BOBINES TENKARA "THE ECLECTIC ANGLER"  IMPRIMEES EN 3D

Comme bien des domaines la pêche est concernée par les évolutions techniques et technologiques et le Tenkara ne fait pas exception et semble même dans le cas qui nous intéresse aujourd'hui avoir une longueur d'avance en proposant le premier accessoire de pêche issu de la technologie d'avant garde qu'est l'impression 3D.

Michael Hackney, boss de The Eclectic Angler, vient de mettre en vente une bobine à ligne imprimée en 3D et je n'ai pas résisté très longtemps à l'envie de posséder quelques exemplaires de ces bobines!

Après quelques jours de patience elles étaient là...Les spécifications sont les suivantes:

-Diamètre: 50mm
-Epaisseur: 8mm
-Trou axial: 20mm
-Poids: 8 gr


 Cet accessoire ne m'a seulement intéressé parce que c'est nouveau mais pour ces caractéristiques de faible poids et diamètre. Ayant décidé de ne plus utiliser de gilet je prends de plus en plus en compte le volume de chaque élément de mon équipement. Un élément supplémentaire en faveur de cet accessoire est d'être réalisé en fécule de maïs donc biodégradable. N'ayez crainte la bobine ne se dissoudra pas dans votre chest pack, la fécule de maïs se dissout dans l'eau mais c'est un processus lent.


 Le trou axial de 20mm permet de garder la bobine bien "verrouillée" sur la poignée. Ce type de bobine est plutôt fait pour les lignes tressées car les fentes sont assez grosses mais on peut l'utiliser pour les lignes parallèles en faisant passer celle-ci en quinconce et ça tient bien. Les multiples trous sur les deux faces de la bobine permettent de fixer votre mouche où bon vous semble. Cela me paraît surtout utile dans des mauvaises conditions de lumière, au coup du soir par exemple.



Vous avez un choix de six couleurs et la possibilité de 6 combinaisons de couleurs différentes. Il y en a pour tous les goûts et cela peut permettre à chacun de créer un système de codage par couleur. Par exemple toutes vos level lines taille 3 sur des bobines oranges et toutes les lignes taille 4 sur des bobines vertes. Et les tailles intermédiaires sur des bobines bicolores.
 Pour l'instant Michael Hackney ne propose qu'une taille de bobine mais d'autres viendront dans un avenir proche je pense ainsi que d'autres produits car il a beaucoup d'idées.
En tout cas c'est un bon signe de vitalité du Tenkara de voir cette technique de pêche ancestrale se conjuguer au futur en adoptant avant tout le monde une technologie aussi riche de possibilités que l'impression 3D.

Vous pouvez vous procurer ces bobines sur le site The Eclectic Angler.

mardi 4 février 2014

DISCOVERING TENKARA...

Paul Gaskell, John Pearson et Hisao Ishigaki sont fiers de vous présenter "Discovering Tenkara- An introduction to Tenkara : Fundamentals and Basics" Vol.1, le premier DVD de ce type jamais réalisé en dehors du Japon.

Ce DVD traite de tous les aspects techniques du Tenkara et bénéficie de moyens techniques suffisants pour en faire une pièce maîtresse dans la vulgarisation de cette technique de pêche ancestrale en occident.


J'ai hâte d'en avoir un et de le regarder!